Si je dois te tuer ... (French Edition)

Marc Larmigny · Chapitre 72 sur 160

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Si je dois te tuer ... (French Edition)

Chapitre 71

 

Buckley mena les deux inspecteurs à la consigne où l’on entreposait les effets personnels des détenus pour la durée de leur séjour. Suivant ses instructions, un préposé déposa la caisse en plastique contenant les affaires de Zlotnick sur une table devant eux. Le directeur lui fit un signe de la tête. Avec un petit sourire en coin, il ouvrit un Ziploc d’où il sortit un string léopard et un soutien-gorge rose qu’il étala sous leurs yeux.

– Bonnet D, dit Graziedei sans hésiter.

Les autres le regardèrent.

– Je connais ma femme sur le bout des doigts, expliqua Graziedei sur un ton enjoué.

Steven remarqua que Buckley n’avait pas envie de rire. Il avait reporté son attention sur les sous-vêtements qu’il regardait avec un air dégoûté. Graziedei donna un coup de menton :

– Je ne savais pas qu’on avait droit à ce genre de… divertissement en prison.

– Zlotnick n’aurait pas dû recevoir ça, dit Buckley, la mort dans l’âme. C’est entré illégalement. Les détenus sont constamment à la recherche des moyens de se procurer en fraude ce dont ils ont besoin, drogues, téléphones portables et j’en passe. Nous luttons en permanence contre ces trafics. Le gardien qui les a introduits a été sanctionné.

Buckley avait débité son texte sans hésiter, comme s’il l’avait répété pour un journaliste.

– Pourquoi vous nous montrez ça ? demanda Graziedei.

Le directeur se tourna vers le préposé.

– Vous pouvez nous laisser, Bill.

Buckley attendit qu’ils soient seuls.

– Après le suicide de Zlotnick, nous avons procédé à une fouille de sa cellule et nous y avons trouvé ces sous-vêtements. Nous les avons mis de côté avant l’arrivée de vos collègues. Vous n’avez pas idée du foin que la mort de Zlotnick va entraîner. Tous les médias commencent déjà à se focaliser sur nous. Si, en plus, on avait découvert ces pièces de sous-vêtements dans sa cellule… Et vous reconnaîtrez que lier un soutien-gorge et un string au cirque de Zlotnick au réfectoire n’est pas la première idée qui vient à l’esprit.

Graziedei et Steven échangèrent un regard.

– Comment ça ? lança Graziedei, perplexe. Qu’est-ce qui vous fait dire que ces sous-vêtements sont liés au suicide de Zlotnick ?

– Vous m’avez dit que vous avez observé des cas de suicides similaires et vous les avez liés au nom de Ann Milande.

– Et ? lança Steven.

– C’est elle qui a fait parvenir ce soutien-gorge et ce string à Zlotnick.