Si je dois te tuer ... (French Edition)
Chapitre 92
OceanofPDF.com
92
– Calme-toi. Je ne suis pas loin, j’arrive, dit Steven en faisant faire un demi-tour à sa voiture qui faillit l’envoyer contre une borne à incendie.
Il jeta son portable sur le siège passager. Il n’avait jamais entendu Ann si paniquée.
Ce salaud de Rylander est resté dans la zone !
Au moins, Ann ne risquait rien. Il lui avait demandé de rester enfermée chez elle.
Il ralentit à une centaine de mètres du bâtiment de Bennett. Il sortit de la voiture et partit en petite foulée en rasant la façade. Il jeta un coup d’œil aux abattoirs Stammers. Ann avait quitté la verrière. Il entra dans le hall de chez Bennett et alluma sa lampe de poche. Il se dirigea vers l’escalier de service et entreprit la montée. Il avait gardé une bonne image mentale des lieux, il s’orienterait sans mal jusqu’au poste d’observation de Rylander.
Pendant qu’il gravissait les marches, son cerveau fonctionnait à cent à l’heure. Que risquait Rylander s’il le coinçait ? Pas grand-chose, une simple amende pour s’être introduit illégalement dans une propriété privée. Mais l’image publique de l’homme d’affaires en prendrait un sacré coup. Charles Rylander, surpris en pleine nuit dans un bâtiment désaffecté en train d’espionner une femme. Quel scoop ! Simplifié par les tabloïds, le titre deviendrait : « Charles Rylander, le voyeur ! » Ça avait de la gueule !
Il parvint sur le palier du quatrième. Il fit le tour du couloir en U, revolver au poing. Il se plaqua contre le mur au niveau de la quinzième porte. Elle était entrouverte, exactement comme il l’avait laissée à son premier passage. À croire que personne n’était venu depuis.
Une douce pensée lui traversa l’esprit : si Rylander sortait une arme et le menaçait, il serait obligé de répliquer en lui collant une balle entre les deux yeux. Par chance pour le criminel, Steven devait le capturer vivant pour l’interroger sur ses crimes.
Il poussa la porte d’un violent coup de pied et se rua dans la pièce. Il balaya les lieux avec sa torche. Personne. De dépit, il donna un coup de poing dans le mur. Ce type était insaisissable. Il rengaina son arme.
Un bruit résonna dans le bâtiment. Quelqu’un avait heurté quelque chose. Puis Steven entendit des pas précipités.
– Merde !
Il se rua hors de la pièce et courut jusqu’à la porte de service. Il la fit pivoter d’un coup d’épaule et se lança à la poursuite du fuyard dans les escaliers. Sa lampe de poche était presque inutile. Il dévala les marches en aveugle, ses pieds les effleurant à peine. Il faillit sortir au rez-de-chaussée, mais une porte métallique claqua en dessous.
Il est descendu au parking souterrain, pensa Steven. L’idée que Rylander puisse y avoir caché sa voiture et la rejoigne pour s’enfuir lui donna un coup de fouet. Il dévala l’escalier en craignant d’entendre des crissements de pneus et rugir un moteur.
Il s’arrêta devant la porte du parking. Il éteignit sa lampe et entra en prenant soin de s’accroupir au maximum, au cas où Rylander serait armé.
La porte se referma derrière lui dans un ébranlement métallique qui résonna dans l’espace plongé dans une obscurité absolue.
C’était à Steven de prendre l’initiative. Il alluma sa lampe et balaya les lieux. Aucune voiture. Rylander devait être planqué derrière une colonne. Steven hésita. Pour un adversaire armé, il constituait une cible parfaite.
La peur au ventre, redoutant d’entendre le bruit d’un coup de feu et de sentir une balle l’atteindre, il s’avança en balayant méthodiquement l’espace autour de lui. À droite, à gauche. À droite, à gauche. Ce n’était qu’une question de secondes avant qu’il tombe sur la bonne colonne.
Enfin, il repéra une forme noire qui dépassait l’arête d’un pilier.
– POLICE ! cria-t-il. SORTEZ DE LÀ ! VOS MAINS EN AVANT, JE VEUX VOIR VOS MAINS !
L’écho de sa voix se multiplia. C’était comme si une escouade entière de policiers investissait les lieux.
Des mains tremblantes apparurent dans le faisceau de la lampe.
– Ne tirez pas ! Ne tirez pas !
Un visage avança, des yeux clignotèrent dans la lumière.
– Qui êtes-vous ? s’écria Steven.