Si je dois te tuer ... (French Edition)
Chapitre 33
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Ann composa le numéro de la prison. Pas de chance, elle retomba sur la fille de la fois précédente, celle avec qui elle n’avait pas été très sympa. La secrétaire devait s’en souvenir, car elle fit semblant de ne pas comprendre la demande de la jeune femme et l’envoya sur de mauvais postes. Enfin, elle l’échoua chez Derek Rountree, le responsable du programme de suivi des détenus.
Écoutant à peine sa requête, il voulut l’orienter vers le service de réinsertion des libérés. Cachant mal son irritation, elle lui dit qu’elle en venait. Il faillit en rester là. Alors, elle se lança dans une explication précipitée, elle lui affirma qu’elle devait rencontrer des détenus ayant connu son père, que c’était presque une question de vie ou de mort.
Un long silence suivit sa tirade. Rountree accepta de la voir et il lui bloqua un rendez-vous. Ann raccrocha avec la vague impression que ce n’était pas pour lui rendre service qu’il voulait la rencontrer, mais par curiosité.
Elle prit un bout de papier pour noter le jour et l’heure où elle irait à la prison. Soudain, un coup de sonnette strident retentit dans l’appartement. Elle sursauta comme si la foudre l’avait frappée. Son stylo vola en l’air et rebondit sur le parquet.
Son estomac se serra, son cœur s’emballa. Personne ne venait jamais la voir. C’était tout juste si elle se souvenait de la présence d’une sonnette.
Qui pouvait vouloir lui rendre visite ? Phil, à cause de la Chrysler ? Non, il savait qu’il valait mieux éviter de la prendre par surprise. Il téléphonerait avant de passer. C’était forcément un inconnu.
Nouveau coup de sonnette. Ses sens se vrillèrent. Elle pensa faire la morte. Il finira par s’en aller, se dit-elle.
Non, la Chrysler est dans la cour. Il sait que quelqu’un est là. Si je n’ouvre pas, il reviendra.
Et elle vivrait dans l’angoisse d’une nouvelle visite et du prochain coup de sonnette. Mieux valait en finir. Elle se leva et, en chaussettes, elle glissa sans bruit jusqu’à la verrière. Elle jeta un œil dans le parking. Une voiture était garée à côté de la sienne. Comment ne l’avait-elle pas entendue arriver ? Dans cet endroit noyé dans le silence, le moindre bruit exacerbait les sens.
Il est venu en essayant de ne pas s’annoncer !
Elle frissonna. Les jambes flageolantes, elle se dirigea vers l’entrée. Une salve stridente l’atteignit comme une série de coups de poignard dans le ventre.
Elle était près la porte. Elle maudit l’absence de judas.
– Qui est-ce ? fit-elle d’une petite voix.
– Inspecteur Whitmore. De la police criminelle.