Si je dois te tuer ... (French Edition)
Chapitre 24
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24
Steven recommença à claquer des dents. Il était gelé. Il tendit la main vers la clef de contact pour redémarrer la voiture. Une bienfaisante bouffée de chaleur envahit l’habitacle. C’était ça le problème, il était en planque depuis plusieurs heures, mais il ne pouvait pas laisser tourner le moteur en permanence pour se chauffer au risque d’attirer l’attention, surtout dans ce quartier résidentiel. Il le redémarrait quand le froid lui glaçait les os. Il avait faim, était en panne de café depuis longtemps et ne pouvait compter sur personne pour prendre la relève.
On était dimanche, il avait déjà passé tout son samedi avec le domicile de Susan Lane en point de mire, guettant sa sortie. Elle ne répondait pas à ses messages ? Très bien, ça ne l’empêcherait pas d’avoir une explication face à face.
Pour la troisième ou quatrième fois, il porta d’un geste machinal son gobelet de café vide à ses lèvres. Il faillit le lâcher : le portail d’entrée venait de s’ébranler.
Une Lexus coula lentement hors de la propriété et s’arrêta. Susan Lane en sortit pour aller fermer les grilles.
– Mademoiselle Lane.
Elle se retourna comme si on l’avait piquée.
– Vous ? dit-elle stupéfaite.
Steven n’était qu’à quelques pas d’elle.
Elle se détourna comme si elle fuyait son regard.
– Écoutez, commença-t-il, j’ai bien compris que vous n’avez pas envie de me parler, mais…
– Je ne veux plus rien à voir avec vous.
Elle cacha son visage. Il y avait de l’effroi dans sa voix.
– Je n’ai pas l’intention de vous importuner, reprit Steven, mais j’ai été très surpris que votre ex-mari soit au courant de notre entrevue. Je ne comprends pas que vous l’ayez prévenu…
Il cherchait à la voir en face, mais la façon dont elle l’évitait était étrange.
– Je ne lui ai rien dit. Ce n’est pas la peine, il sait toujours tout. Je vous l’ai dit, il ne lâche jamais personne ! Jamais !
– Regardez-moi, dit-il fermement.
– Non, je…
La prenant par les épaules, Steven réussit à la forcer à tourner son visage vers lui. Il se figea de surprise. Un hématome violet s’étalait sur le coin de son œil gauche.
– Que vous est-il arrivé ? dit-il effaré.
– Je me suis cognée contre une porte. Laissez-moi, je vous en prie ! (Elle prit un air suppliant.) Pour l’amour du ciel, ne cherchez plus à me contacter.
Abasourdi, Steven la relâcha. Elle se précipita dans sa voiture et démarra.
Il resta seul sur le trottoir, avec l’image du visage tuméfié de Susan Lane. Il était sûr d’une chose : elle ne s’était pas cognée dans une porte.
*
Steven rentra chez lui et passa la soirée à repenser à la scène.
Ce salaud de Rylander avait frappé Susan Lane. Par peur, elle ne l’avait pas avoué, mais c’était évident.
« Il sait toujours tout », avait-elle ajouté. Est-ce qu’il gardait son ex-femme sous surveillance malgré leur divorce ? Ce n’était pas compliqué à mettre en œuvre, un employé de maison pouvait servir d’informateur. D’après le portrait que Susan Lane avait fait de lui, Rylander en était capable. Peut-être était-ce un moyen détourné pour ce tordu de maintenir son emprise sur elle ?
Une autre hypothèse assez dérangeante trottait dans la tête de Steven. Et si c’était lui qui était sous surveillance ? Sachant qu’un inspecteur de la criminelle tournait autour lui, Rylander pouvait avoir décidé de le faire suivre. Il en avait les moyens.
En tout cas, Steven était sûr d’une chose, Rylander avait froidement calculé son geste. Le visage fracassé de Susan Lane était un message qu’il lui adressait : « Vous vous mêlez de mes affaires ? Voyez les conséquences. Ce visage abîmé, c’est votre œuvre ».
Si le but était de le culpabiliser, c’était réussi. C’était bien à cause de lui, si Rylander avait frappé son ex-femme.
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