Si je dois te tuer ... (French Edition)
Chapitre 96
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En quittant Chicago, Steven alluma son portable : aucun message de Ann.
L’entretien avec Ralph lui laissait un goût mitigé. Il avait l’impression que son ami avait voulu lui faire plaisir en entrouvrant une porte sur la réalité du pouvoir de Ann. Mais c’était comme s’il lui avait dit : « Vous affirmez que vous avez rencontré un fantôme. OK, amenez-le-moi pour que je prouve qu’il existe ».
Steven trouvait normal qu’Hirshenson soit sceptique, mais le scientifique n’avait pas réussi à faire vaciller sa conviction. Pendant toute la durée de leur entretien, Steven avait gardé à l’esprit un fait qui le troublait au plus haut point. Au parloir de la prison, une vitre blindée séparait les détenus et les visiteurs, il avait vérifié. Aucun contact physique n’avait été possible entre Ann et Zlotnick. Si le mystérieux pouvoir existait, c’est là qu’il s’était manifesté. « Quelque chose » avait réussi à traverser la vitre pour empoisonner l’esprit du violeur.
Les étendues gelées défilaient de chaque côté de la route plate et morne. Steven sentait son intérêt pour les spéculations scientifiques du professeur s’évanouir et le visage de Ann les remplacer. Il avait hâte de la retrouver. Il comptait l’appeler dès son retour en ville.
Son téléphone sonna. Une main sur le volant, il sortit son portable de sa poche et jeta un coup d’œil sur l’écran. Numéro inconnu.
– Inspecteur Whitmore, dit-il sèchement.
– Je sais, dit une voix qu’il connaissait.
– Rylander ? Qu’est-ce que vous voulez ?
– Vous ne devinerez jamais où je suis, Steven.
– Non, mais j’ai comme l’impression que vous allez me le dire.
– Dans le comté de Cuyahoga, chez un ami dans sa maison à North Valley. Il organise une petite réception. Rien que du beau monde. J’ai une coupe de champagne à la main et… une seconde, excusez-moi. (Steven l’entendit parler à quelqu’un.) On se voit plus tard, Lauren, à tout à l’heure. Steven, vous êtes toujours là ? Oui, je vous disais... Qu’est-ce que je vous disais déjà ? Ah oui, je m’apprête à passer une excellente soirée avec des amis et vous savez ce que cela signifie ?
– Que vous avez des amis ?
– Ça veut dire que je ne suis pas en prison. Depuis votre petit numéro avec votre boule à neige, à mon bureau, je tends l’oreille, Steven. Chaque seconde, je m’attends à entendre les sirènes de police et vous voir débarquer pour m’arrêter. Mais j’écoute et rien ne se passe. Et rien ne se passera. Pourquoi ? Parce que vous n’avez rien contre moi. Votre exposé sur la neige m’a impressionné, je l’avoue ; je ne sais pas d’où vous est venue cette surprenante intuition, mais c’est sans importance, parce que je crois que c’est tout ce que vous avez. Oh, j’oubliais. Pourriez-vous présenter une nouvelle fois mes excuses à votre amie ? Je crains de l’avoir effrayée et ce n’était pas mon intention. Lui rendre visite était une erreur et cela ne se reproduira plus. De toute façon, vous savez quoi, Steven ?
– Non ?
– Elle n’est pas mon genre…