Si je dois te tuer ... (French Edition)
Chapitre 27
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– Lorsque c’est arrivé dans la main courante, j’ai failli grimper sur la table, dit joyeusement Graziedei.
Il sortit une photo du dossier, la posa sur son bureau. Avec son index, il la poussa devant Steven. Ce dernier la prit tandis que Graziedei continuait, tout excité.
– Amber Winther. Imagine : le mari rentre chez lui avec sa fille, il trouve sa femme en pleine crise de démence et fchiiiii ! elle avale un fil électrique dénudé et s’électrocute. Devant lui et la petite ! Tu as vu son visage ?
Comment le manquer ? Steven grimaça de dégoût. Une mousse blanchâtre dégoulinait de la bouche d’Amber figée dans un horrible rictus. Les zébrures de rouges à lèvres furieusement étalés et les yeux exorbités lui donnaient l’allure d’un démon stupéfait.
– Un peu gore, mais efficace. Tu ne reconnais pas le style du docteur Matthews, par hasard ? dit Graziedei, ravi.
Steven ne répondit rien. Graziedei ouvrit une deuxième chemise.
– Du coup, je me suis dit que c’était le moment que j’utilise la partie géniale de mon cerveau qui fait la fierté de ma mère.
Avec un petit air triomphant, il tendit une feuille à Steven.
– J’ai continué à fouiner et voici ce que j’ai découvert. Lis ça...
Steven prit le document. C’était la retranscription d’un témoignage verbal concernant un accident survenu à Chicago.
Il commença à haute voix :
– « On était au carrefour de la 59e et d’Halsted, on attendait que le feu passe au vert pour traverser. Et ce type a surgi. Il s’est mis à raconter n’importe quoi. Il avait comme… pété un câble. Puis le camion est arrivé. Le feu était toujours rouge, mais le type s’est avancé d’un coup et il a couru devant le camion en gesticulant. On avait l’impression qu’il l’insultait. »
Graziedei balança une photo sous le nez de Steven.
– … et voilà tout ce qu’il reste du dénommé Yann Spivak.
Sur la chaussée s’étalait un corps en charpie, des os brisés, des boyaux éclatés dans des flaques de sang.
– Tu ne trouves pas que le côté exotique de tous ces suicides leur donne un sympathique air de famille ?
Steven hocha la tête. Pas de doute, Graziedei avait visé juste. On avait dépassé le cadre du drame isolé.
– Beau boulot Tony, dit Steven impressionné.
– Daigneras-tu enfin revenir parmi les mortels et accorder à cette série de décès suspects toute l’attention qu’elle mérite ?
Une petite flamme venait de s’allumer dans les yeux de Steven. Les flics sont des chasseurs et son instinct de prédateur se réveillait. L’affaire prenait un tour inattendu. Elle devenait même furieusement intrigante. Des mécanismes qui n’attendaient que ça s’ébranlèrent dans son cerveau, c’était plus fort que lui :
– Une espèce d’empoisonneur ou un produit frelaté doivent causer ces morts. Écoute Tony, comme tu es à fond sur le comment, je te propose de continuer. Moi, je me concentre sur le qui. Ça te convient ?
– Absolument, dit Graziedei qui arborait un sourire radieux. (Il se pencha en avant et donna une tape sur l’épaule de son partenaire.) Et bien voilà, ça c’est le Steven qu’on aime. C’était donc ça le secret : quelques cadavres bien sanguinolents pour faire revenir le magicien. Tu vois quand tu veux, mon grand !