Si je dois te tuer ... (French Edition)

Marc Larmigny · Chapitre 21 sur 160

Pages du PDF

Si je dois te tuer ... (French Edition)

Chapitre 20

OceanofPDF.com

20

 

Steven gara sa voiture dans le parking souterrain du bâtiment de la police et prit l’ascenseur pour se rendre au premier, l’étage des inspecteurs de la criminelle.

L’entrevue avec Susan Lane l’avait laissé sur sa faim. Dans tout ce qu’elle lui avait révélé, rien de concret ne suggérait que Rylander soit l’homme qu’il recherchait. Bien sûr, il avait l’air d’avoir fait vivre un enfer psychologique à sa femme. Mais cela reflétait une situation assez banale dans ce pays, puisque plus d’un tiers des maris violent, battent ou harcèlent leurs épouses. Cela ne faisait pas d’eux des tueurs en série. Rylander n’était qu’un salaud d’une espèce commune, jusqu’à la preuve qu’il était bien pire.

Steven sortit de l’ascenseur et se dirigea vers sa place. Kate, l’assistante de Walsh, l’intercepta au vol.

– Il veut te voir tout de suite.

– Pourquoi ?

Elle fit une grimace.

Compris. Steven prit le temps d’aller se servir un café et se rendit dans le bureau de Walsh, se préparant à se faire passer un savon pour une raison qu’il ignorait encore.

Le chef était à cran. Un nœud de colère crispait son visage.

– Je viens d’avoir un coup de téléphone de Fred Turner, l’avocat de Rylander. Il paraît que vous êtes allé harceler son ex-femme, hier soir ?

Steven faillit renverser son café.

– Quoi ?

– Qu’est-ce que vous êtes allé faire chez elle ?

Décontenancé, Steven chercha à gagner du temps.

– Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Qu’est-ce qu’il vous a dit exactement ?

– C’est vrai, oui ou non ?

Il ne servait à rien de nier.

– Je ne l’ai pas harcelée. C’était une visite privée. En dehors de mes heures de service.

– Ne me prenez pas pour un con, Whitmore. Qu’est-ce qui vous arrive ? Vous êtes entré dans une croisade personnelle contre Charles Rylander ?

Il tendit un doigt menaçant.

– Si c’est le cas, je vous conseille de laisser tomber. Sinon, vous risquez de gros ennuis.

– De votre part, chef ?

Walsh émit un petit rire sec en secouant la tête.

– Ce n’est pas moi votre ennemi, Steven. Ce type est bien plus dangereux que moi. Par contre, si vous ne vous tenez pas à carreau et que ce service est éclaboussé par votre faute, à cause de je ne sais quel plan pourri avec Rylander, là oui, vous me verrez du côté de vos adversaires. Restez à l’écart de lui et de son entourage, et ne venez pas me dire que ce que vous faites en dehors de ce bureau ne me regarde pas. Concernant Charles Rylander, si ! Vous comprenez ? En attendant, Grasso et Ehlinger sont sur les enlèvements et vous sur le suicide du docteur Matthews. Ça avance ?

 

*

 

Steven sortit en rogne du bureau de Walsh et regagna sa place. Il vit Graziedei en discussion au bout de la salle. Tant mieux, il pourrait téléphoner sans être entendu. Il composa le numéro de Susan Lane avec une question vrillant son cerveau : pourquoi avait-elle prévenu son ex-mari de sa visite ?

Il tomba sur une boîte vocale. Il laissa un message demandant à Susan Lane de le rappeler. Pas de nouvelles pendant l’heure suivante. Il réessaya plusieurs fois, échoua encore sur le répondeur.

À la fin de la journée, il abandonna. C’était clair : Susan Lane ne voulait pas lui parler.