Si je dois te tuer ... (French Edition)

Marc Larmigny · Chapitre 52 sur 160

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Si je dois te tuer ... (French Edition)

Chapitre 51

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51

 

Zlotnick ne sait pas où est mon père.

Ann roulait depuis une petite demi-heure. Elle quitta la highway et s’arrêta dans une station-service. Elle acheta une carte routière de l’Ohio, puis mit de l’essence dans son paquebot. La Chrysler avait une soif insatiable. Gorge serrée, Ann assista à la joyeuse valse des dollars au compteur de la pompe.

Un coup d’œil aux alentours. Elle repéra l’enseigne du « Jack’s Cafe ». Poursuivie par le froid, elle se réfugia dans l’établissement.

Elle s’installa au bord d’une fenêtre. Les véhicules qui se croisaient sur la highway constituaient le seul spectacle. Elle commanda un café sans trop savoir pourquoi, elle n’en buvait jamais.

Oubliant l’incomparable panorama, elle déplia la carte.

Zlotnick ignore où mon père se trouve.

Ann avait failli faire une crise en découvrant qu’elle avait plongé dans l’immonde cerveau de Zlotnick pour rien. Elle aurait été capable de briser la vitre blindée pour se jeter sur le violeur et l’étrangler. Elle était sur le point de laisser éclater sa rage quand un souvenir était apparu : dans le dernier regard que Zlotnick lui avait lancé, Ann l’avait vu demander à Peter Milande de rendre visite à sa maman, à sa libération. Peter devait lui apporter une boîte de chocolats et un message. En échange, Linda Zlotnick l’hébergerait quelques jours, le temps qu’il reprenne contact avec la liberté.

Zlotnick ne sait pas où est mon père. Mais sa mère, peut-être.

Elle porta sa tasse à ses lèvres sans y penser. Elle fit la grimace et la reposa. Pourquoi avait-elle commandé du café ?

Sans la connaître, Ann détestait Linda Zlotnick. Elle la haïssait pour avoir mis au monde un monstre et ne pas l’avoir étouffé dès son premier pleur.

– Comment on fait pour aller te voir, espèce de pouffiasse !

Sur la carte de l’Ohio, elle localisa l’adresse de Linda Zlotnick qui s’était incrustée dans sa mémoire. Heureusement, la mère Zlotnick avait la bonne idée d’habiter seulement à environ trois heures de la prison, un peu au-delà de Springfield. Ou bien, son rejeton avait commis tous ses crimes dans l’Ohio pour être sûr qu’au cas où il se ferait arrêter, il logerait à la prison de Lucasville, pas loin de chez sa maman.

Ann encercla l’adresse avec son stylo, paya à contrecœur le café et se leva.