A Vant Propos

Jean-Marc Simonet · Chapitre 113 sur 166

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A Vant Propos

De l’aloès indien

III. Inde, Extrême-Orient, Espagne et Soudan

 

DE L’ALOÈS INDIEN

 

L’aloès de l’Inde est un arbre qui ressemble au chêne, si ce n’est

que son écorce est mince ; ses feuilles sont exactement comme celles

du chêne, et il ne produit point de fruits. Son tronc n’atteint pas un

grand développement, ses racines sont longues, étendues au loin, et

c’est dans celles-ci que se trouve l’odeur ou le principe aromatique.

Les rameaux et les feuilles de l’arbre n’ont pas d’arôme. Dans le pays

des musulmans, tous les arbres d’aloès sont considérés comme une

propriété ; mais dans le pays des infidèles la plupart sont abandonnés.

Ceux qui sont regardés chez eux comme une propriété particulière, ce

sont les aloès qui croissent à Kâkoulah, et qui donnent la meilleure

qualité de bois d’aloès. Il en est ainsi pour ceux de Kamârah, dont

l’aloès est également d’une qualité supérieure ; on le vend aux habi-

tants de Sumatra pour des étoffes. Il y a aussi une espèce d’aloès ka-

mâry qui reçoit des empreintes, à la manière de la cire. Quant à la va-

riété nommée ’athâs, on en coupe la racine, et on la cache sous terre

p304 plusieurs mois ; elle conserve toutes ses qualités, et c’est une des

meilleures sortes d’aloès.

 

DU GIROFLE

 

Les girofliers sont des arbres séculaires très gros ; il y en a en plus

grand nombre dans la contrée des infidèles que dans celle des musul-

mans ; ils ne sont pas regardés comme une propriété particulière à

cause de leur grande quantité. Ce que l’on en importe dans nos pays,

ce sont les bois ; ce que les habitants de nos contrées appellent la fleur

de girofle, ce sont les parties de fleurs qui tombent, et qui ressemblent

à celles de l’oranger. Le fruit du giroflier est la noix de muscade,

connue chez nous sous le nom de noix de parfum. La fleur qui s’y

forme, c’est le macis. Voilà ce que j’ai vu de mes propres yeux 474.

 

camphre des interstices sous la forme d’une cristallisation » (MARSDEN). La

description d’Ibn Battûta relève donc de la pure affabulation.

474 Il a dû mal voir, ou, comme le précise Yule, il a dû plutôt suivre un cours

d’économie botanique dans les bazars de Dihli, puisque la croyance populaire

attribue en Inde du Nord la cannelle, les clous de girofle et la noix de mus-