A Vant Propos

Jean-Marc Simonet · Chapitre 13 sur 166

Pages du PDF

A Vant Propos

De la rébellion du lieutenant du sultan dans le pays de Tiling

III. Inde, Extrême-Orient, Espagne et Soudan

 

voir : que son intention avait été de s’emparer des trésors que portait

avec lui Dhiyâ almolc, lorsqu’il passa par Hânsi. Ibrâhîm comprit que

le sultan voulait se défaire de lui, à cause de la révolte de son père, et

qu’aucune justification ne lui servirait. Il craignit d’être torturé, il pré-

féra la mort et avoua immédiatement l’accusation. Il fut condamné à

être coupé en deux moitiés p083 par le milieu du corps, et, après

l’exécution, il fut abandonné sur la place.

 

La coutume qu’on observe dans l’Inde, c’est que, toutes les fois

que le souverain a ordonné de faire mourir quelqu’un, on le laisse ex-

posé, pendant trois jours après sa mort, dans le lieu du supplice ; puis

il est enlevé par une bande d’infidèles chargés de cet office, qui por-

tent ce corps dans une fosse creusée à l’extérieur de la ville et l’y jet-

tent. Ils ont pour habitude de demeurer toujours à l’entour du fossé,

afin d’empêcher que les parents de la victime ne viennent et ne

l’enlèvent. Souvent il arrive que l’un de ceux-ci donne de l’argent à

ces infidèles, qui se détournent alors du cadavre, jusqu’à ce qu’il l’ait

inhumé. C’est ce qu’on pratiqua à l’égard du chérîf Ibrâhîm. Que le

Dieu très haut ait pitié de lui !

 

DE LA RÉBELLION DU LIEUTENANT DU SULTAN DANS LE PAYS DE TILING

 

Lorsque le sultan revint du Tiling, il laissa pour son lieutenant dans

ce pays Tâdj almolc Nosrah khân 38 un de ses anciens courtisans. Ce-

lui-ci, ayant entendu les nouvelles de la mort du souverain, fit célébrer

ses obsèques, s’empara du pouvoir et reçut le serment des peuples

dans la capitale, Badracoût. Dès que le sultan apprit ces choses, il ex-

pédia son précepteur, Kothloû khân, à la tête de troupes nombreuses.

Un combat terrible eut lieu, dans lequel périrent des multitudes tout

entières ; ensuite Kothloû khân cerna son adversaire dans la ville. Ba-

dracoût était fortifiée ; mais le siège apporta beaucoup de dommage à

ses habitants, et Kothloû khân commença à ouvrir une brèche. Alors

Nosrah p084 khân se rendit avec un sauf-conduit chez le commandant

 

38 A son retrait de Warangal vers Bidar, en 1335, le souverain avait affermé le

gouvernorat de cette dernière ville à son favori Shihab al-din Nusrat Khan

pour dix millions de tangas. L’année suivante, Nusrat Khan, s’apercevant qu’il

ne pourrait rembourser même le quart de cette somme se révolta.