A Vant Propos

Jean-Marc Simonet · Chapitre 139 sur 166

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A Vant Propos

Anecdote

III. Inde, Extrême-Orient, Espagne et Soudan

 

l’hospitalité ; c’est le seul personnage, de tous ceux que j’ai rencontrés

en Syrie et en Égypte, qui ait visité le Pied d’Adam 610.

 

Je partis de Jérusalem, et j’eus pour compagnons de voyage le pré-

dicateur, le traditionnaire Cheref eddîn Soleïmân, de Miliânah 611 et le

cheïkh des Africains à Jérusalem, l’excellent soûfy Thalhah

Al’abdalouâdy. Nous arrivâmes à Hébron, ou la ville de l’ami de

Dieu, Abraham ; nous visitâmes sa tombe, ainsi que celles des autres

prophètes, qui sont enterrés auprès de lui 612. Nous nous rendîmes à

Gaza, et trouvâmes la plus grande partie de la ville déserte, à cause du

nombre immense des victimes que la peste avait faites. Le juge de la

ville nous dit que de quatre-vingts notaires qu’elle possédait, il n’y en

avait plus que le quart, et que le chiffre des morts avait atteint le nom-

bre de onze cents par jour. Nous voyageâmes par terre, et arrivâmes à

Damiette ; j’y vis Kothb eddîn Annakchouâny, qui est un jeûneur infa-

tigable. Il m’accompagna de Damiette à Fârescoûr, Semennoûd et

Aboû Sîr 613. Ici nous descendîmes dans l’ermitage d’un Égyptien.

 

ANECDOTE

 

Pendant que nous étions dans cet ermitage, voici venir à nous un

fakîr, qui nous salua. Nous lui offrîmes des aliments, qu’il refusa en

disant que son seul but avait été de nous visiter. Toute cette nuit-là il

ne cessa point d’incliner sa tête et de se prosterner. Nous fîmes la

prière de l’aurore, puis nous nous occupâmes de réciter p358 les louan-

ges de Dieu ; le fakîr était toujours dans un coin de la zâouïah. Le su-

périeur apporta des comestibles et appela ce religieux, mais n’en reçut

aucune réponse ; il alla vers lui et le trouva mort. Nous fîmes les priè-

res sur son corps et nous l’ensevelîmes. (Que la miséricorde de Dieu

soit sur lui !)

 

610 Voir plus haut p. 265.

611 Voir t. I, chap. 1, n. 10.

612 Voir t. I, pp. 155 et suiv.

613 Pour les trois premières, voir t. I, pp. 119-120. La quatrième est Aboukir.