A Vant Propos

Jean-Marc Simonet · Chapitre 123 sur 166

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A Vant Propos

De l’habitude qu’ont les Chinois d’empêcher que les marchands ne se livrent au désordre et au libertinage

III. Inde, Extrême-Orient, Espagne et Soudan

 

payer onze fois le montant dudit impôt. Le sultan Mohammed a aboli

cette tyrannie lorsqu’il a décrété la suppression des droits fiscaux pe-

sant sur les marchandises.

 

DE L’HABITUDE QU’ONT LES CHINOIS D’EMPÊCHER QUE LES

MARCHANDS NE SE LIVRENT AU DÉSORDRE ET AU LIBERTINAGE

 

Lorsqu’un marchand musulman arrive dans une des villes de la

Chine, on lui laisse le choix de descendre chez un négociant de sa re-

ligion, désigné parmi ceux domiciliés dans le pays, ou bien d’aller à

l’hôtellerie. S’il préfère la demeure chez le négociant, on compte tout

le bien qu’il a, on le confie audit négociant choisi par lui, lequel dé-

pense l’argent de l’étranger pour pourvoir aux besoins de celui-ci,

mais d’une manière honnête. Quand il veut partir, on examine son ar-

gent, et s’il en manque, le négociant chez lequel il demeure et qui a

reçu la somme en dépôt est obligé de combler le déficit.

 

Dans le cas où le marchand qui arrive aime mieux se rendre à

l’hôtellerie, on livre son argent au maître de l’auberge, à titre de dé-

pôt. Ce dernier achète pour le compte de l’étranger ce que celui-ci dé-

sire, et s’il veut une concubine, il fait pour lui l’acquisition d’une

jeune fille esclave. Il le met alors dans un appartement dont la porte

s’ouvre sur l’intérieur de l’hôtellerie, et il fait la dépense pour

l’homme et pour la femme. Nous dirons à ce propos que les jeunes

filles esclaves sont à très bon marché dans la Chine ; qu’en outre tous

les Chinois vendent leurs garçons, de même que leurs filles, et que

cela n’est point considéré chez eux comme un déshonneur. Seulement,

on ne les force pas à voyager avec ceux qui les achètent, et l’on ne les

empêche pas non plus, si toutefois ils le veulent bien. Quand le mar-

chand p321 étranger désire se marier en Chine, il le peut aussi très faci-

lement ; mais, pour ce qui est de dépenser son argent dans le liberti-

nage, cela ne lui est nullement permis. Les Chinois disent : « Nous ne

voulons point que l’on entende rapporter dans le pays des musulmans

qu’ils perdent leurs richesses dans notre contrée, que c’est une terre de

débauche et de beauté fragile ou mondaine. »