A Vant Propos
Des fonctionnaires et de leur manière d’agir
III. Inde, Extrême-Orient, Espagne et Soudan
se présentent à la salle d’audience, saluent et disent au vizir : « Fais
parvenir nos hommages [à la souveraine], et apprends-lui que nous
sommes venus demander notre solde. » Là-dessus, les ordres nécessai-
res sont donnés en leur faveur. Le kâdhi et les fonctionnaires, qui chez
ce peuple portent le titre de vizirs, se présentent aussi chaque jour à la
salle d’audience. Ils font une salutation, et s’en retournent après que
les eunuques ont transmis leur hommage à la souveraine.
DES FONCTIONNAIRES ET DE LEUR MANIÈRE D’AGIR
Les habitants des Maldives appellent le vizir suprême, lieutenant
de la sultane, 345 calaky , et le kâdhi, fandayarkâloû . Tous les juge-
ments ressortissent au kâdhi ; il est plus considéré, chez ce peuple, que
tous les autres hommes, et ses ordres sont exécutés comme ceux du
sultan et mieux encore. Il siège sur un tapis dans la salle d’audience ;
il possède trois îles, dont il perçoit les impôts pour son propre compte,
d’après une ancienne coutume qu’a établie le sultan Ahmed Chenoû-
râzah. On appelle le prédicateur 346 hendîdjéry , le chef de la trésorerie
fâmeldâry 347 , le receveur général des finances mâfâcaloû , le magistrat
de police fitnâyec et l’amiral mânâyec. Tous ces individus ont le titre
du vizir. Il n’y a pas de prison dans ces îles ; les coupables sont en-
fermés dans des maisons de bois destinées à recevoir les denrées des
marchands. Chacun d’eux est placé dans une cellule p236 en bois,
comme on fait chez nous 348 pour les prisonniers chrétiens.
345 Pour le calaky, voir plus haut n. 203. Le cadi est appelé fadiyaru dans un texte
de 1834.
346 e Hadegiri en 1834, conseiller privé à l’époque de Pyrard, chef trésorier au
XIX
siècle.
347 Famudary et mafai en 1834.
348 C’est-à-dire au Maroc.