A Vant Propos

Jean-Marc Simonet · Chapitre 137 sur 166

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A Vant Propos

Anecdote

III. Inde, Extrême-Orient, Espagne et Soudan

 

dant, la plupart d’entre eux étaient innocents du délit qu’on leur impu-

tait. Arghoûn fit quitter Damas à la peuplade des 600 Harâfîch , qui

émigrèrent à Hims, Hamâh et Alep. On m’a assuré que ce gouverneur

de Damas n’a vécu que peu de temps après cela, et qu’il a été assassi-

né.

 

Je quittai cette dernière ville pour me rendre à Hims, p355 puis à

Hamâh, Ma’arrah, Sermîn et Alep 601. Le commandant de cette der-

nière cité était alors le 602 hâddj , ou pèlerin, Roghthaï .

 

ANECDOTE

 

Un religieux pauvre, appelé le cheïkh des cheïkhs, habitait dans

une montagne en dehors de la ville d’Aïn-tâb ; la multitude allait le

visiter et lui demander sa bénédiction. Il avait un disciple qui ne le

quittait pas ; mais, au reste, il vivait isolé, célibataire, sans épouse. Or

il arriva, à peu près au temps dont il s’agit ici, que ce fakîr dit dans un

de ses discours : « Certes, le prophète Mahomet n’a pas pu se passer

de femmes ; moi, je m’en passe 603. » On porta témoignage contre lui

à ce sujet, et le fait fut établi devant le kâdhi. Cette affaire fut déférée

aux émirs de la contrée ; on amena le religieux, ainsi que son disciple,

qui avait approuvé son discours. Les quatre juges décidèrent qu’ils

méritaient tous les deux la mort, et la sentence fut exécutée. Ces qua-

tre kâdhis étaient : Chihâb eddîn, le mâlikite ; Nâcir eddîn al’adîm, ou

le pauvre, le hanéfite ; Taky eddîn, fils de l’orfèvre, le châfi’ite, et ’Izz

eddîn de Damas, le hanbalite.

 

Dans les premiers jours du mois de rabî’ premier de l’année 749 de

l’hégire 604, la nouvelle nous parvint à Alep que la peste s’était décla-

rée à Ghazzah, et que le nombre des morts, en un seul jour, y avait

 

600 Voir t. I, chap. 2, n. 143. Ils constituaient probablement les ayyaruns, c’est-à-

dire la futuwwa locale (voir introduction du t. II).

601 Voir t. I, pp. 175-180.

602 Aruqtay, nommé gouverneur d’Alep au début de l’année 1348, fut nommé

l’année suivante à Damas comme successeur d’Arghun Shah (voir plus haut n.

37) et mourut en route en allant prendre son poste le 22 juillet 1349.

603 La suite de l’histoire laisse paraître qu’il ne s’agissait pas d’abstinence mais de

sodomie.

604 Début juin 1348.