A Vant Propos

Jean-Marc Simonet · Chapitre 129 sur 166

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A Vant Propos

Du sultan de la Chine et du Kithâ, surnommé kân

III. Inde, Extrême-Orient, Espagne et Soudan

 

DU SULTAN DE LA CHINE ET DU KITHÂ, SURNOMMÉ KÂN

 

Le mot kân, chez les Chinois, est un terme générique qui désigne

quiconque gouverne le royaume, tous les rois de leur contrée ; de la

même manière que ceux qui possèdent le pays de Loûr sont appelés

tâbec 544 545 . Le nom propre de ce sultan est Pâchâï , et les infidèles

n’ont pas, sur la face de la terre, de royaume plus grand que le sien.

 

DESCRIPTION DE SON CHÂTEAU

 

Le château de ce monarque est situé au milieu de la ville destinée

pour sa demeure ; il est presque entièrement construit en bois sculpté,

et il est disposé d’une manière admirable ; il possède sept portes. A la

première est assis le cotouâl, qui est le chef des concierges. On y voit

des estrades élevées à droite et à gauche de la porte, où s’asseyent les

mamloûcs perdehdâriyah, ou chambellans, qui sont les gardiens de la

porte du château. Ils sont au nombre de cinq cents, et l’on m’a dit

qu’auparavant ils étaient mille hommes. A la deuxième porte sont as-

sis les sipâhiyah, ou archers, au nombre de cinq cents ; à la troisième

porte sont assis les nîzehdâriyah, ou lanciers, au nombre de cinq cents

aussi ; à la quatrième porte sont assis les tîghdâriyah, ou porteurs de

sabres et de boucliers à la cinquième porte se trouvent les bureaux du

vizirat, et elle est pourvue de beaucoup d’estrades. Sur la plus grande

de celles-ci s’assied le vizir, au-dessus d’un coussin, énorme, élevé.

On appelle ce lieu 546 almisnad ; devant le vizir se voit une grande

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écritoire en or. En face se trouve l’estrade du secrétaire intime ; à

droite de celle-ci, l’estrade des secrétaires des missives, et à droite de

l’estrade du vizir est celle des écrivains des finances.

 

Ces quatre estrades en ont vis-à-vis quatre autres ; l’une est nom-

mée le bureau du contrôle, où siège le contrôleur ; la deuxième est

celle du bureau de mostakhradj, ou produit de l’extorsion, dont le chef

est un des grands émirs. On appelle mostakhradj ce qui reste dû par

 

544 Voir t. I, chap. 5, n. 72.

545 Pour l’empereur de l’époque, voir plus haut, n. 59.

546 Le coussin, le trône ; litt. : l’appui.