A Vant Propos

Jean-Marc Simonet · Chapitre 134 sur 166

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A Vant Propos

Du sultan de Zhafâr

III. Inde, Extrême-Orient, Espagne et Soudan

 

DU SULTAN DE ZHAFÂR

 

Cette fois, je trouvai pour son sultan le roi Nâcir, fils du roi Mog-

hîth 566, lequel régnait en cette ville lorsque j’y abordai la première

fois. Son lieutenant était Saïf eddîn ’Omar, émir djandar, ou prince

porte-épée, un personnage d’origine turque. Ce sultan me donna

l’hospitalité et m’honora.

 

Je m’embarquai sur mer, et arrivai à Maskith 567, petite ville où

l’on trouve beaucoup de ce poisson nommé 568 koulb almâs. Ensuite,

nous abordâmes aux ports de Kourayyât, Chabbah et Kelbah 569. Ce

dernier mot s’écrit comme le féminin de kelb, ou chien. Après cela,

nous arrivâmes à Kalhât, dont nous avons parlé précédemment 570.

Toutes ces localités font partie du pays, ou du gouvernement

d’Ormouz, bien qu’on les compte parmi celles de l’Omân. Nous allâ-

mes à Ormouz 571 et y restâmes trois jours ; puis nous voyageâmes par

terre vers Caourestân, Lâr et Khondjopâl, endroits dont nous avons

fait mention ci-dessus 572 .

 

Ensuite, nous nous rendîmes à Cârzy 573 et y restâmes trois

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jours ; puis à Djamécân, à Meïmen, à Bessa 574 et à Chîrâz. Nous trou-

vâmes qu’Aboû Ishâk, sultan de cette dernière ville, régnait encore,

 

566 Pour Mugith, voir t. II, chap. 1, n. 97. Son successeur n’est pas connu par ail-

leurs.

567 Masqat, la capitale actuelle du sultanat d’Oman, sur le littoral arabe du golfe

d’Oman.

568 Voir chap. 2, n. 167.

569 Tous ces ports sont cités dans le désordre ; Qurayat est au sud de Masqat et

Qalhat, qui sera citée par la suite, encore plus au sud. L’ordre correct en ve-

nant de Zhafar est : Qalhat, Qurayat, Masqat, Kalba. Quant à Shabba, elle n’a

pas pu être identifiée.

570 T. II, chap. 1, n. 110 et 111.

571 Pour Hormuz, voir t. II, p. 116 — où une grande partie des événements ra-

contés concerne en réalité cette visite —, ainsi que l’introduction de ce même

tome.

572 Voir respectivement t. II, chap. 1, n. 141, 142, 144.

573 Ancienne ville située sur la rive droite de la rivière Mand, au sud-ouest de

Jahrom. D’après Istakhri (950), elle possédait une forte et haute citadelle.

574 Pour Djamkan et Mimand (Meimen), voir t. I, chap. 5, n. 137. Bessa citée par

Abu’l Feda est au sud de Shiraz.

III. Inde, Extrême-Orient, Espagne et Soudan

 

mais il en était absent 575. J’y vis notre cheïkh pieux et savant, Madjd

eddîn 576, le grand juge ; il était alors aveugle. Que Dieu soit avec lui,

et nous fasse grâce par son intermédiaire !

 

De Chîrâz j’allai à Mâïn, puis à Yezdokhâs, à Kélîl, à Cochc-zer, à

Ispahân, Toster, Howaïza et Basrah 577. Tous ces lieux ont été déjà

mentionnés. Je visitai dans cette dernière ville les nobles sépulcres

qu’elle renferme : ce sont ceux de Zobeïr, fils d’Al’awwâm ; de Thal-

hah, fils d’Obaïd Allah ; de Halîmah Assa’diyyah, ou de la tribu des

Bénôu Sa’d ; d’Aboû Becrah, d’Anas, fils de Mâlic ; de Haçan de Ba-

srah, de Thâbit Albonâny, de Mohammed, fils de Sîrîn ; de Mâlic, fils

de Dînâr ; de Mohammed, fils de Ouâci’ ; de Habîb le Persan et de

Sahi, fils d’Abdallah, de Toster 578. Que le Dieu très haut soit satisfait

d’eux tous !

 

Nous partîmes de Basrah et arrivâmes à [la ville nommée] Mech-

hed’Aly, où se trouve le mausolée d’Aly, fils d’Aboû Thâlib ; nous le

visitâmes 579 580 . Ensuite nous nous dirigeâmes vers Coufah et allâmes

voir sa mosquée bénie ; après, nous nous rendîmes à Hillah, où est le

sanctuaire du Maître de l’époque 581.

 

Il arriva, à peu près vers ce temps-là, qu’un certain p351 émir fut

nommé gouverneur de cette ville, et défendit à ses habitants de se ren-

dre, selon leur coutume, à la mosquée du Maître de l’époque, ou du

dernier imâm, et d’attendre celui-ci dans cet endroit. Il leur refusa la

monture qu’ils prenaient tous les soirs du commandant de Hillah. Or

ce gouverneur fut atteint d’une maladie dont il mourut promptement,

et cette circonstance augmenta encore l’erreur, ou la folie de ces

schismatiques. En effet, ils dirent que la cause de la mort de ce per-

 

575 Pour Abu Ishaq, voir t. I, chap. 5, n. 141. Au passage d’Ibn Battûta en été

1347, il était engagé en expédition contre Mubariz al-din Muhammad, souve-

rain de Yazd (voir t. I, chap. 5, n. 146).

576 Pour Madjd al-din et sa rencontre avec Ibn Battûta, voir t. I, chap. 5, n. 125 et

126.

577 Pour l’ensemble de cet itinéraire, voir t. I, pp. 375-403 et notes.

578 Tous ces personnages sauf Thabit al-Bunani sont cités au t. I (voir pp. 379-380

et notes).

579 T, I, chap. 5, n. 1.

580 T. I, chap. 5, n. 111.

581 T. I, chap. 5, n. 190 et 191.