A Vant Propos

Jean-Marc Simonet · Chapitre 119 sur 166

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A Vant Propos

Des drachmes de papier qui servent, chez les Chinois, pour vendre et pour acheter

III. Inde, Extrême-Orient, Espagne et Soudan

 

La soie est très abondante en Chine, car les vers qui la donnent

s’attachent aux fruits, s’en nourrissent et ne demandent pas beaucoup

de soins. C’est pour cela que la soie est en si grande quantité, et

qu’elle sert à habiller les religieux pauvres et les mendiants du pays ;

sans les marchands, la soie ne vaudrait absolument rien. Un seul vê-

tement de coton, chez les Chinois, en vaut plusieurs en soie.

L’habitude de ce peuple est que tout négociant fonde en lingots l’or et

l’argent qu’il possède, chacun de ces lingots pesant un quintal, plus ou

moins, et qu’il les place au-dessus de la porte de sa maison. Celui qui

a cinq lingots met à son doigt une bague ; celui qui en a dix y met

deux bagues ; celui qui en a quinze est nommé séty, ce qui revient au

même que 495 cârémy en Égypte . Un lingot est nommé en Chine bar-

câlah 496.

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DES DRACHMES DE PAPIER QUI SERVENT, CHEZ LES CHINOIS,

POUR VENDRE ET POUR ACHETER

 

Les habitants de la Chine n’emploient dans leurs transactions

commerciales ni pièces d’or ni pièces d’argent. Toutes celles qui arri-

vent dans ce pays sont fondues en lingots, comme nous venons de le

dire. Ils vendent et ils achètent au moyen de morceaux de papier, dont

chacun est aussi large que la paume de la main, et porte la marque ou

le sceau du sultan 497. Vingt-cinq de ces billets sont appelés bâlicht ce

qui revient au sens du mot dînâr, ou de pièce d’or chez nous 498. Lors-

que quelqu’un se trouve avoir entre les mains de ces billets usés ou

 

495 Le nom seti est peut-être d’origine indienne. Pour les karemis, voir chap. 2, n.

59.

496 Du persan pargaleh : segment.

497 Le papier-monnaie chinois datant de l’époque des Tang (618-905) est suffi-

samment connu. Marco Polo y consacre un chapitre et on possède même tous

les détails des émissions pour la période Yuan.

498 Il faut plutôt comprendre que le balicht est une unité de compte de la même

façon que le dinar au Maroc, au lieu de chercher une équivalence. D’après

l’émission de 1309, la dernière connue avec précision, 40 tsiens (l’unité de

compte) devaient s’échanger contre une once (28,35 g) d’argent pur ; 1 dinar

marocain valait 4,611 g d’or, mais il est difficile de connaître l’équivalence

argent-or à l’époque en Chine. Le balicht à l’origine un lingot de métal pesant

environ 2 kg et servant comme monnaie en Asie centrale au début du e XIII siè-

cle. Plus tard, il prit le sens de « bourse » ou coussin (voir p. 299).