En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois

Notre esprit est une machine prolifique à problèmes

NOTRE ESPRIT EST UNE MACHINE PROLIFIQUE À

PROBLÈMES

 

Depuis que ma fille a commencé à fréquenter la garderie (la crèche), elle combat virus après virus dans un enchaînement de rhumes et de grippes étourdissant pour nous, ses parents. Par rapport à ce fait, je remarque que, comme adultes, notre mode opératoire consiste à nous projeter dans l’avenir («Est-ce que ça va finir un jour? Aurons-nous un répit? Imagines-tu les parents qui ont plusieurs enfants? On n’y arriverait pas.») et à ruminer le passé («Ça n’a aucun sens, elle est toujours malade! Et, bien sûr, elle nous refile ses virus un après l’autre après l’autre. C’est interminable! Ces dernières années, on peut compter, quoi, une dizaine de jours pendant lesquels personne n’était malade?»).

Notre résistance à ce qui nous arrive, combinée à un mélange de pensées défaitistes, ne fait qu’attiser notre détresse. Ma fille, elle, vit en toute acceptabilité sa cascade de symptômes sans y ajouter cette couche optionnelle de souffrance. Elle est plus fatiguée et sensible, mais jamais elle ne nous dit: «Je suis tannée. Pourquoi suis-je toujours malade, moi? Quand vais-je me sentir mieux? Est-ce que ce sera comme ça toute ma vie?» Elle continue de s’amuser et d’être elle-même, de vivre le moment présent sans s’inquiéter, même avec une toux et un nez bouché.

Commençons par une affirmation importante. Notre esprit passe son temps à anticiper les menaces et à cibler les problèmes. Notre cerveau, cette superbe machine, est conçu pour évaluer toute situation afin d’éviter les malheurs que nous appréhendons ou ceux qui nous ont accablés dans le passé. Cette faculté, dont dispose l’être humain, est indispensable à la survie de notre espèce. Eh oui, nous avons perduré grâce au fait que nous sommes à l’affût du danger, que nous prévoyons les menaces et que nous les évitons. Nous nous serions inévitablement éteints si notre mode par défaut avait été de vivre dans la naïveté et dans la spontanéité de l’instant présent, et ce, sans nous soucier de l’avenir ou du passé.