En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois
Le paradoxe du syndrome de l’imposteur
Le paradoxe du syndrome de l’imposteur Étonnamment, les gens qui s’imposent les plus hauts standards de performance souffriraient davantage du syndrome de l’imposteur. Essentiellement, les plus performants sont souvent ceux qui doutent le plus de leurs compétences. Cependant, selon une récente recherche, les gens accaparés par ce syndrome seraient des employés très efficaces et agréables,
particulièrement collaboratifs et empathiques88.
Dans Calme au cœur du chaos, je consacre un chapitre entier à l’élaboration des schémas fondamentaux qui agissent comme trame de fond dans notre manière d’interpréter notre valeur personnelle. Je résumerai ici ce chapitre en rappelant que nous entretenons tous des croyances implicites qui alimentent certains doutes et qui déterminent souvent nos comportements. Ainsi, la pensée récurrente «Je ne suis pas assez…» découle fréquemment d’un schéma très commun qui nous fait douter de notre valeur personnelle et qui, bien souvent, nous pousse à surcompenser cette insécurité intérieure en rehaussant les exigences auto-imposées, en visant la perfection et en cumulant les exploits.
«[Dès l’enfance] on a associé recevoir de l’attention avec SURVIVRE. Parce que si on recevait de
l’attention, ça voulait dire qu’on était nourri, qu’on était protégé, qu’on était bercé, câliné. Qu’on
s’assurait de notre survie, un, et de notre confort, deux. […] Alors donc, on associait le confort et la
survie à recevoir de l’attention. Et très tôt, on s’est mis à confondre le fait qu’on devait être
extraordinaire, exceptionnel, faire une pirouette pour recevoir de l’attention […] pour avoir le
sentiment d’être quelqu’un pour quelqu’un d’autre.»
– DR SERGE MARQUIS 89
Il y a probablement un certain travail d’acceptation à faire ici. Ce sentiment d’inadéquation est, selon moi, un sentiment quasi universel. Du moins, il est extrêmement répandu. Je crois que nous coexistons tous, à différents degrés, avec le syndrome de l’imposteur. Je suis toujours surprise lorsque j’entends des artistes de la scène de grande renommée dire qu’ils ressentent, eux aussi, cette angoisse existentielle. Nous les croyons si confiants, si débordants d’assurance. La majorité d’entre nous doit pourtant composer avec ce sentiment de différentes façons.