En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois
La méditation
4. Sans porter de jugement sur l’expérience (éviter d’évaluer les
sensations, cognitions ou émotions);
5. Et sans réagir face à l’expérience interne (permettre aux pensées et
aux émotions d’évoluer dans le champ de la conscience sans qu’elles
retiennent l’attention) 115.»
La pratique de la pleine conscience nous aide à découvrir les pépites de bonheur qui se cachent à travers les tempêtes de la vie. Elle nous apprend à nous arrêter afin de les voir et d’en saisir toute la substance au lieu de nous perdre dans le brouillard du quotidien.
La méditation
«Le but de la méditation n’est pas de tenter d’accéder à un ailleurs, mais de permettre d’être
exactement là où l’on est, tel que l’on est, et de permettre au monde d’être exactement tel qu’il est à
cet instant même.»
— JON KABAT-ZINN116
La méditation est une forme d’entraînement à la pleine conscience. Matthieu Ricard explique:
[La méditation] est une pratique qui permet de cultiver et de développer certaines qualités
humaines fondamentales, de la même façon que d’autres formes d’entraînement nous apprennent
à lire, à jouer d’un instrument de musique ou à acquérir toute autre aptitude. […] Il s’agit
principalement de se familiariser avec une vision claire et juste des choses, et de cultiver des
qualités que nous possédons tous en nous, mais qui demeurent à l’état latent aussi longtemps que
nous ne faisons pas l’effort de les développer117.
Ces qualités humaines que nous cultivons dans la pratique de la méditation formelle sont, entre autres, la sagesse, le contentement, la bienveillance, la patience, l’amour altruiste et la compassion. «La méditation consiste plus exactement à prendre le contrôle de son esprit, à se familiariser avec une nouvelle compréhension du monde et à cultiver une manière d’être qui n’est plus soumise à nos schémas de pensée
habituels 118.»
Comme tout muscle ou habileté que l’on aspire à renforcer, il est recommandé de s’entraîner graduellement. Si nous désirons cultiver la bienveillance, commençons par de courtes séances de cinq minutes lors desquelles nous faisons naître en nous un sentiment de tendresse et d’amour inconditionnel. Pensons par exemple à une personne qui nous est chère. Lorsque cet amour bienveillant a rempli notre esprit, tentons de le maintenir, de le raviver, au besoin, et d’y revenir lorsque nous devenons distraits. Avec le temps, nous parviendrons à soutenir notre concentration plus longtemps, à prêter délibérément attention à ces sentiments de tendresse, ainsi qu’à prolonger cette attitude de bienveillance. Nous parviendrons même à dispenser cette bonté à l’ensemble des êtres vivants, en leur souhaitant de découvrir les sources du bonheur et d’être délivrés de la souffrance. Grâce à la plasticité cérébrale, cet entraînement engendre des modifications sur le plan du fonctionnement et des structures du cerveau. Ce faisant, la bienveillance prendra une place de plus en plus grande dans