En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois

L’importance du temps d’intégration

À la longue, l’acharnement à travailler sur soi, de même que l’obsession du bonheur utopique, du rétablissement et de l’épanouissement, peuvent se transformer en une forme d’agression auto-infligée, une forme d’auto-intimidation. Pourquoi? Parce qu’aspirer de manière excessive à changer et à devenir une meilleure version de soi-même s’accompagne d’un message implicite qui est dommageable à notre insu. Cela suggère, à répétition, que nous sommes «inadéquats», voire «défaillants», dans notre forme actuelle. Par ailleurs, les personnes qui appliquent leurs tendances perfectionnistes à leur démarche de croissance peinent à reconnaître leurs progrès. Ces gens sont davantage orientés vers leurs erreurs, leurs dérogations et leurs imperfections.

 

L’importance du temps d’intégration

On se rappellera qu’en médecine les pathologies dont le nom se termine en «ite» nous parlent d’une forme d’inflammation. Le dictionnaire Larousse définit l’inflammation comme un «ensemble de phénomènes de défense de l’organisme contre une agression». Dans le cas d’une écœurantite thérapeutique, cette forme d’inflammation nous indique la présence d’un trop-plein. La personne se sent alors agressée par le gavage d’informations et réclame un temps pour récupérer. On pourrait dire qu’elle vit un burnout thérapeutique, ou burnout de rétablissement.

L’hyperphagie de contenu orienté vers l’épanouissement et le bourrage de crâne informatif laissent peu d’espace à l’intégration des notions acquises. Notre esprit requiert du temps pour décanter les informations apprises. Il doit assimiler les apprentissages à des niveaux intuitifs. Cela ne peut se faire si la personne est constamment sollicitée par l’apprentissage de quelque chose de nouveau ou ensevelie sous un déluge d’informations.