En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois

Mes plans, mes détours et le chemin vers la flexibilité

Finalement, la souffrance nous rend plus sensibles aux autres et plus compatissants. Nous comprenons mieux comment la souffrance peut affecter les gens. De cette façon, peu importe le type d’épreuve qui affligera les personnes de notre entourage, nous pouvons plus facilement entrer en résonance avec leur détresse. Nous nous sentons mieux outillés et disposés à les accueillir dans leurs difficultés.

Somme toute, la souffrance nous aide à acquérir un degré de conscience qui ne nous quittera jamais. Voyons cela dans les mots attachants, ludiques et perspicaces du psychologue Marc-André Dufour: «La conscience est comme du dentifrice, une fois sortie du tube, vous ne pouvez la remettre

dedans 100!»

 

Mes plans, mes détours et le chemin vers la flexibilité Enfant, j’imaginais que, à l’âge de 22 ans (c’était vieux, 22 ans, dans ma tête de fillette), j’allais déjà me réaliser dans ma vie d’adulte en poursuivant une carrière en enseignement ou en archéologie, en ayant un mari, une maison, trois enfants et une entreprise. Le tout dans cet ordre allait me permettre de vivre heureuse à jamais. En grandissant, je carburais aux plans de vie précis et inflexibles. Plus je m’acharnais à les conserver tels quels, plus j’étais confrontée à des obstacles et à de la résistance.

Si je vous racontais mon parcours, vous vous rendriez rapidement à l’évidence que la vie s’est un peu moquée de mon planning. Et c’est parfait comme ça. Certaines expériences de vie ont su me placer face à mon plus grand antagoniste: l’absence de contrôle. Je n’ai eu d’autre choix que d’apprivoiser l’impuissance, l’incertitude et le lâcher-prise. Ça m’a aussi permis de développer une bienveillance envers moi qui se traduit en compassion envers les autres. J’ai assoupli mes règles rigides et réduit mes standards démesurément implacables. J’ai commencé à accepter mes limites et mon imperfection humaine. Même devant des sources de souffrance diverses, je me rallie très facilement et sans jugement à la saveur de l’expérience relatée par les gens que je côtoie et auprès de qui je travaille. Mon cheminement, parsemé de détours, était probablement ce qu’il me fallait pour délaisser mes idées préconçues et apprendre à cultiver l’indulgence. Avec le recul, toutes mes embûches ont servi à ouvrir le chemin vers quelque chose de mieux. Vers une meilleure version de moi-même.