En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois

Un rituel nature

Permettez-moi de vous parler de mon nouveau rituel nature. Depuis quelque temps, j’ai adopté les «jeudis nature». Il s’agit de réserver un moment – chaque jeudi, en ce qui me concerne – pour me rendre en nature. Dans l’idéal, je réserve la journée entière pour une randonnée en montagne. Ce n’est pas toujours faisable, mais lorsqu’il m’est possible de le faire, les bienfaits qui en découlent m’accompagnent pendant les journées qui suivent. Quand j’ai moins de temps, cette intention se concrétise dans une activité plus courte; je fais une balade dans un sentier local quitte à la jumeler avec une rencontre amicale ou professionnelle.

Parfois aussi, je me limite à un moment d’absorption paisible pendant que je prends soin de mon jardin. Je m’émerveille alors de l’autonomie et de la générosité de la Terre. En fonction de mon horaire, il arrive que mon «jeudi nature» se transforme en «vendredi nature», et même qu’il devienne une activité familiale. Je suis en extase lorsqu’il s’ajoute à d’autres moments précieux passés en nature au cours du week-end qui suit (camping, nourrir les oiseaux, activité nautique, pique-nique, sortie en raquettes…), les façons de concrétiser cette intention sont innombrables! Vous serait-il possible de trouver votre propre version des «jeudis nature», adaptée à votre réalité?

 

Rando solo: se servir de la nature comme alliée thérapeutique

Se retrouver dans la nature est une thérapie pour le système nerveux et une cure de ralentissement tout à fait salutaire en cette ère de la haute vitesse. Je vous recommande fortement de vous adonner périodiquement à la randonnée en solitaire afin de savourer le silence et d’aller librement à la rencontre de vous-même, sans interférence. Permettez-vous de marcher en totale complicité avec la façon dont vous vous sentez. Autrement dit, suivez votre propre rythme selon votre état d’esprit dans l’instant.

Pour ma part, au début de mes expéditions, je suis généralement habitée d’une certaine agitation, que je canalise en augmentant la cadence de mes pas. Avec le temps, l’effervescence mentale s’atténue. Je ralentis spontanément le pas, en relation directe avec le degré d’apaisement de mon esprit et de mon système nerveux. Une connexion harmonieuse s’installe entre l’environnement et moi. J’en profite pour plonger dans une méditation active, en m’intéressant à ce qui émerge spontanément. Comment est-ce que je me sens physiquement? De quoi cela m’informe-t-il? Comment est-ce que je me sens psychologiquement? Où en suis-je dans ma vie par rapport à mes idéaux et à mes valeurs fondamentales? Quelles émotions, aussi subtiles soient-elles, émanent de moi, en l’absence d’intrusion de mon ego, lequel serait porté à intellectualiser mes réactions?

Lorsque je suis dans la nature, il arrive que certains échos de blessures anciennes remontent à la surface. C’est l’occasion de déborder de compassion pour cette partie blessée. La nature nous enveloppe de sa douceur dans cet exercice d’accueil. Nous pouvons également prendre conscience de certaines programmations et nous pencher sur leurs origines, leur utilité, les façons de les déprogrammer, de les assouplir et de les reconditionner.

Lorsque nous sommes habités par des questionnements importants, voire existentiels, un environnement naturel offre tous les ingrédients pour que nous puissions percevoir nos questions sous un nouvel angle. La lenteur, la beauté, le pas de recul, l’air frais qui nous nourrit, tout cela nous incite à «laisser respirer» nos questions en nous, sans chercher à les suranalyser sous la loupe de notre intellect. Comme le suggère Nicole Bordeleau dans son livre Guérisons intérieures (page 31): «Laisse respirer ta question jusqu’à ce que ton mental se calme, jusqu’à ce que ton cœur s’apaise, jusqu’à ce que ta conscience s’éclaire, jusqu’à ce que ton âme s’élève. Dans le silence se trouve la réponse.»

À quel autre moment de notre vie profitons-nous de séances de thérapie aussi longues? À si faible coût? La nature nous offre les conditions optimales pour faciliter l’introspection. C’est l’occasion de revenir à l’essence de ce que nous sommes, à nos racines, à nos origines, à l’essentiel.

Par ailleurs, je suis foncièrement convaincue que si nous nous sentons instantanément bien en nature, c’est parce que notre instinct conserve la mémoire de notre provenance. Notre histoire est inscrite dans nos gènes et s’éveille lorsque nous sommes de retour dans notre «véritable demeure». Élargir sa zone de confort