En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois

Devenez votre propre thérapeute

 

 

Un soir, ma cousine et moi parlions des liens entre le sommeil et les changements d’heure bisannuels. C’est alors que je lui ai mentionné que mon sommeil tendait à être facilement perturbé par les changements et par le stress, et que le concept de l’insomnie m’était très familier. Elle m’a dit en riant: «Même les psychologues ont leurs problèmes!» Ce à quoi j’ai répondu: «Ce n’est pas pour rien que nous devenons psychologues!»

Sans prétendre que l’ensemble des thérapeutes ont connu un lot considérable de difficultés, je crois qu’une grande proportion d’entre eux ont un vécu ayant contribué à leur choix de carrière. Notre profession s’enracine dans la souffrance. Nos épreuves ont, sans l’ombre d’un doute, contribué à notre curiosité envers les êtres humains et à notre intérêt pour la santé mentale. Elles ont façonné notre capacité à accueillir la détresse des gens, sans jugement et avec bienveillance. Elles ont moussé notre désir d’aider et notre habileté à soutenir l’espoir.

Mes expériences de vie m’ont appris à mieux m’observer, à me connaître, à me comprendre et à m’accueillir avec bienveillance. Des défis bouleversants m’ont ouvert des portes en m’incitant à creuser davantage dans ce processus de croissance. Ils ont déclenché chez moi une soif qui ne peut être assouvie qu’en me reliant aux autres, en contribuant à leur rétablissement et à leur épanouissement. Je me demande si j’aurais tant souhaité répondre à cette vocation si je n’avais pas vécu certaines épreuves. Sans dire aucunement que j’espère que la vie me lancera d’autres coups durs, je sais que ce que j’ai vécu a servi à approfondir ma compassion envers les êtres humains et ma bienveillance envers moi-même.