En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois
Une parenthèse au sujet de la culpabilité qui suit les réactions démesurées
Je ne souhaite certainement pas invalider les vertus de la restructuration cognitive et de la rationalisation. La restructuration cognitive est une stratégie très aidante pour repérer nos distorsions cognitives, recadrer nos pensées et nuancer nos perceptions. Pourtant, lorsqu’on l’emploie trop rapidement ou à outrance, cela risque de contribuer à une coupure émotionnelle intérieure: nous examinons nos réactions à la loupe sans prendre le temps d’accueillir les émotions qui s’expriment et de recevoir les messages qui les accompagnent. Je préconise un juste équilibre entre l’intelligence émotionnelle et l’intelligence rationnelle. Permettons à ces deux parts de nous de s’écouter et de communiquer ensemble de manière bienveillante.
Une parenthèse au sujet de la culpabilité qui suit les réactions démesurées
Malgré nos plus nobles intentions, il arrive que la charge émotive prenne le dessus et influence nos réactions. Et lorsque nos réactions détonnent de manière importante avec la version désirée de nous-mêmes, il n’est pas rare qu’un sentiment de culpabilité, de regret ou de honte nous habite et se prolonge sur une longue durée. Nous ne nous reconnaissons pas dans cet élan réactif et nous voulons à tout prix éviter de reproduire de tels excès d’émotion. En somme, nous nous en voulons d’avoir réagi trop fortement!
Mes clients me font parfois part de leur sentiment de honte d’eux-mêmes par rapport à certaines expériences vécues. Pour éviter qu’ils restent coincés dans l’engrenage de la culpabilité, je les invite à se pencher sur les apprentissages qu’ils retirent de ces événements. Qu’ont-ils appris au sujet de leurs besoins? De leurs limites? Est-ce que «ces écarts de comportement» qui leur paraissent effroyables ont, par la suite, rehaussé leur motivation à découvrir des manières plus adéquates de canaliser leurs émotions? Est-il possible que ces réactions, et la culpabilité qui en découle, aient prévenu des épisodes de réactivité émotive bien pires?
Évidemment, si ces réactions de colère ou de détresse sont récurrentes ou si elles portent atteinte à l’intégrité physique et psychologique d’une personne (incluant soi-même), je vous implore d’avoir recours à du soutien