En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois
L’anxiété et le pessimisme sous l’angle de l’évolution
D’ailleurs, ce câblage cérébral explique la difficulté de plusieurs à vivre dans la gratitude, l’optimisme et le contentement. Bien sûr, certaines personnes viennent au monde avec un ordinateur cérébral préprogrammé pour davantage d’attitudes positives. Cependant, la majorité des gens naissent avec les «applications» suivantes: «Je n’ai pas ce qu’il me faut pour être heureux», «Rien ne va bien» et «J’en veux toujours plus».
Afin d’ajuster la codification de notre cerveau, nous devons formater de nouveaux programmes. Nous devons créer nous-mêmes de nouvelles applications et assurer régulièrement leur mise à jour. La bonne nouvelle est que le cerveau possède toute cette capacité de modifier ses connexions neuronales. D’ailleurs, c’est ce que le cerveau accomplit à chaque instant de notre existence. C’est aussi ce que nous favorisons lorsque nous nous efforçons de cultiver la gratitude, l’espoir et le contentement.
L’anxiété et le pessimisme sous l’angle de l’évolution Tentons de comprendre la tendance humaine à être soucieux ou pessimiste. Comme mentionné précédemment, cette propension découle de l’évolution et s’inscrit dans notre patrimoine génétique. L’anxiété est, en quelque sorte, de la prévoyance poussée à l’extrême. C’est un malaise issu d’une intelligence particulièrement imaginative, ou parfois d’un esprit peu occupé à autre chose. La vigilance extrême, ou hypervigilance, est une réaction excessive du système nerveux s’apparentant à un détecteur de feu ultra-sensible qui déclenche l’alerte à la moindre trace de fumée, comme celle produite par une tranche de pain qui chauffe dans un grille-pain.
Le pessimisme, lui, résulte d’une fonction innée qui nous oriente vers les problèmes, que ceux-ci soient imaginaires ou réels. Il force une prise de conscience d’enjeux quelquefois bien réalistes, mais surgénéralisés ou poussés à l’extrême. Afin de nous mobiliser vers des changements indispensables, un certain degré de pessimisme a possiblement été nécessaire au cours de l’évolution. Certes, il aurait été néfaste pour l’humain d’être aveuglé par un optimisme démesuré. Un excès de pessimisme contribue cependant à un sentiment d’impuissance qui nous paralyse dans l’inaction.