En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois
«Je ne me reconnais pas dans mes réactions»
Christina m’explique que depuis notre dernière rencontre, elle a éclaté en sanglots pour des bagatelles. «Je pleure pour rien! me dit-elle. Jeudi soir, je me suis effondrée en larmes parce que mon chum avait mangé le dernier morceau de gâteau que je réservais pour me gâter pendant la soirée. J’ai aussi explosé de colère quand j’ai vu le sac à ordures déborder. Je m’en fais tellement pour rien!»
Si vous en êtes arrivé au point de pleurer pour un gâteau ou d’être colérique pour un sac d’ordures, ce n’est fort probablement pas pour rien que vous versez ces larmes ou criez. Ce «rien» n’est que la goutte qui fait déborder le vase. Cette part de gâteau ouvre une valve qui vous permet enfin de réduire la pression accumulée. Vous pleurez et vous bouillez à cause de ce qui se trame en dessous.
En explorant le contexte de vie de Christina, les sources de tension deviennent apparentes. Elle croule sous une immense charge de travail depuis des mois. Elle se sent heurtée dans ses valeurs par rapport à un projet qu’on lui impose et qui ne lui convient pas. Elle vit des insatisfactions dans son couple. Au sein de sa famille, elle se sent moins considérée qu’elle le souhaiterait. Ses miettes de sommeil sont de piètre qualité. S’étant blessée à la cheville, elle n’a plus accès à son exutoire qu’est la course à pied. À travers tout cela, elle est portée à ravaler ses émotions et à embouteiller la pression, évoquant que:
• «Ça ne devrait pas m’affecter autant.»
• «Ce n’est pas si important que ça.»
• «J’ai tout ce qu’il faut pour être heureuse. Je me morfonds pour rien.»