En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois

Affirmez-vous avec clarté et bienveillance

 

Qui parmi vous ne s’est pas déjà senti, un jour ou l’autre, incompris ou peu respecté dans ses limites et ses besoins? Lorsqu’un client me rapporte se sentir de la sorte dans ses relations interpersonnelles, je l’interroge tout d’abord: «Comment as-tu exprimé ton émotion ou ta demande?»

L’être humain s’exprime de différentes manières. Il communique parfois dans l’espace de silence entre lui et l’autre par son non-verbal, ses gestes, ses expressions faciales, ses actions ou son inaction. Quelquefois, il réagit de manière agressive, autoritaire ou défensive. Il succombe au mode de contre-attaque. Il peut également se refermer dans une coquille hermétique et conserver ses messages pour lui. Nous observons aussi à l’occasion des réactions passives-agressives envers l’autre, telles que bouder, le priver de notre affection, rompre le contact (par exemple quitter les lieux ou devenir froid et distant) ou faire des commentaires pointus, blessants ou sarcastiques. Toutes ces façons de s’exprimer parlent de mécanismes instinctifs qui visent à se défendre ou à fuir une situation conflictuelle ou difficile. Elles se manifestent lorsque nous ressentons un malaise, une tension, une insatisfaction ou une souffrance dans une relation.

Existe-t-il une façon mieux adaptée et aidante pour s’affirmer? Certainement, et je m’apprête à vous la présenter. Sachez toutefois que cette façon plus évoluée de s’exprimer requiert énormément d’entraînement puisqu’aucun humain n’a le réflexe, intuitivement, de l’employer.

Corine ressentait une immense pression de la part de ses parents. Ils la questionnaient souvent au sujet de ses projets de carrière. Lorsqu’elle leur demandait de lui faire confiance dans ses choix, elle se sentait peu entendue. Ses parents étaient bien intentionnés, mais ils étaient aussi inquiets devant l’indécision de leur fille. Elle avait changé de programme d’études une première fois, après avoir réalisé que le programme qu’elle suivait lui convenait peu. Ce changement avait plongé ses parents dans l’angoisse. Dans l’espoir d’éteindre leurs inquiétudes, ils lui posaient sans cesse une multitude de questions relatives à ses plans de vie. Elle avait l’impression de ne jamais réellement pouvoir satisfaire leur soif de certitude.