En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois

Prêtez attention à l’écoeurantite thérapeutique

PRÊTEZ ATTENTION À L’ÉCŒURANTITE

THÉRAPEUTIQUE

 

Certains individus passent des années à travailler sur eux-mêmes. Ils lisent des livres de psychologie et d’épanouissement personnel, en plus de participer à un large éventail d’ateliers. Ils entretiennent leur vie spirituelle. Ils s’acharnent à répondre à tous les critères d’une vie exemplaire, saine et équilibrée. Ils consultent une diversité de professionnels œuvrant dans le domaine du mieux-être. Au bout d’un temps, ils se heurtent à un mur que je nomme écœurantite thérapeutique.

L’écœurantite thérapeutique apparaît comme un vent d’opposition, une réaction nauséeuse face à tout ce qui a trait à l’épanouissement personnel. Ces personnes, autrefois si religieusement dévouées à leur démarche vers le mieux-être, se surprennent à sentir une résistance devant toute stratégie orientée vers le perfectionnement de l’être. Elles ferment leurs livres! Elles n’ont plus envie d’investir des efforts dans cette démarche qu’elles ont poursuivie pendant des mois, voire des années.

Mais pourquoi ressentent-elles cette écœurantite? Ne constatent-elles pas qu’elles ont fait des progrès honorables? Leur cheminement ne devrait-il pas les encourager à poursuivre dans la même voie? Cette soudaine attitude n’est-elle pas contradictoire avec tout ce à quoi elles aspirent?

Paradoxalement, l’écœurantite thérapeutique concernant leur démarche de croissance personnelle est… thérapeutique en soi. Permettez-moi de m’expliquer.

 

L’effet pervers du perfectionnisme appliqué au rétablissement Certaines personnes transposent leurs exigences élevées à leur cheminement personnel. Elles veulent maîtriser à la perfection les techniques apprises. Elles s’imposent une routine quotidienne inflexible (p. ex., «Je dois méditer 30 minutes chaque matin»). Elles se culpabilisent du moindre écart et elles veulent incarner l’idéal de la définition du bien-être en tout temps. Elles sont démesurément vigilantes; on les dit hypervigilantes et sévères par rapport à tout ce qui déroge de cette version idéalisée d’elles-mêmes.