En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois

Troisième partie: Parlons des émotions

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«C’EST FAIBLE D’ÊTRE ANXIEUX OU ÉMOTIF»

 

 

Au cours du processus de socialisation de l’enfance, nous apprenons à contrôler nos émotions et à nous adapter aux divers contextes de vie dans lesquels nous nous trouvons. Nous développons peu à peu la capacité de nous autoréguler sur le plan affectif. Chez certains individus, cette autorégulation peut se cristalliser à l’âge adulte et prendre une forme extrême: les émotions sont alors démesurément contenues, filtrées, refoulées. Certains croient qu’être émotif équivaut à être faible. Pourtant, éprouver des émotions est une faculté inscrite dans notre génétique. Cela fait partie de notre réalité humaine.

Lorsque nos émotions n’ont pas l’espace nécessaire pour être vécues et ventilées sainement, elles s’accumulent comme des déchets dans un dépôt à déchets pour, plus tard, déborder sous différentes formes. Ces émotions refoulées se déplacent parfois vers des compulsions comme la consommation abusive d’alcool, les excès de nourriture, l’utilisation excessive de drogues, l’auto-mutilation, les achats compulsifs ou tout autre comportement de fuite ou de neutralisation. D’autres fois, elles s’extériorisent par des comportements agressifs, de l’irritabilité ou sous forme de critiques excessives dirigées vers les autres. À la longue, il n’est pas rare que la répression émotionnelle donne lieu à des symptômes dépressifs, à de l’épuisement ou à un sentiment d’impuissance envahissant. Nous reviendrons sur ces aspects plus tard.

Plusieurs professionnels de la santé s’accordent pour dire que certaines émotions excessivement inhibées peuvent se transformer en problèmes de santé. Il suffit de constater les liens entre le stress et le corps pour comprendre que cette hypothèse n’est pas farfelue du tout. Plus précisément, lorsque nous sommes exposés à un état de tension (un conflit, un danger, un échéancier serré, une situation inconfortable), l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien libère en excès des hormones liées au stress, des glucocorticoïdes tel le cortisol. Ces hormones sont libérées pendant de longues heures suivant une exposition au stress et peuvent s’accumuler si les sources de stress sont multipliées ou prolongées. Elles entraînent alors une série de symptômes désagréables et amplifient certaines problématiques préexistantes comme les troubles gastriques, les problèmes inflammatoires, les désordres cutanés, les douleurs chroniques et les tensions musculaires, pour n’en nommer que quelques-uns. Dans les faits, nos émotions s’accompagnent d’une charge neurochimique qui affecte toujours le corps à sa manière en activant différentes zones du cerveau et en contribuant à la libération de divers neurotransmetteurs et hormones.