En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois
Trouvez l’équilibre entre rigueur et douceur
J’accompagne monsieur Cloutier depuis quelques années et j’ai la chance de l’avoir vu évoluer sur de multiples plans. Monsieur Cloutier est un homme de principes, dévoué à ce qu’il entreprend. Avec le temps, nos rencontres étaient devenues occasionnelles et elles ciblaient surtout son épanouissement personnel. Il en était à raffiner ses acquis et, surtout, à apprendre à s’accorder davantage de bienveillance. Mais je me heurtais à un peu de résistance lorsque j’abordais les thèmes que sont l’indulgence, la douceur envers soi et la bienveillance. «Mais si je deviens trop bienveillant envers moi-même, je ne me botterai plus le derrière pour faire les choses. Je vais devenir un gros paresseux.»
Certaines personnes croient véritablement qu’apprendre à être doux et bienveillant envers soi-même équivaut à cultiver le laxisme et l’autocomplaisance, et que cela les rendra «paresseux» ou leur fera perdre toute discipline personnelle.
Mais est-il possible que la bienveillance puisse s’inscrire dans l’action et la productivité? J’ai consacré quelques rencontres avec monsieur Cloutier à définir et à nuancer ce qu’est la bienveillance, en précisant qu’il s’agit d’une attitude humaine, indulgente et compatissante qui assure un équilibre sain entre la rigueur et la douceur. Lorsque l’on cultive la bienveillance envers soi, les ambitions ne s’envolent pas. Elles demeurent dans la mire, mais le cheminement pour les réaliser devient plus paisible et agréable.
Comme c’est le cas pour monsieur Cloutier et la majorité des gens, deux résidents cohabitent dans l’espace immobilier de mon esprit, deux parties de moi qui interagissent: la douce et l’intense. Quand je suis intense, je veux être productive en tout temps. Je souhaiterais tout contrôler, tout prévoir, tout savoir. En bon québécois, c’est mon côté «crinqué». La douce, elle, veut simplement savourer la vie, être en paix sans être dérangée par les codes moraux et les obligations. Voici un exemple de leur dialogue lorsque je tente de me motiver à sortir pour m’adonner à la course à pied: