En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois
Assimilez une parcelle d’émotions à la fois
Un jour, alors que je me déplaçais en covoiturage, j’apprends que la conductrice est stagiaire en psychologie. Dans l’enthousiasme de découvrir que nous exerçons la même profession, nous commençons à échanger au sujet de nos expériences générales en intervention clinique. «Pour être psychologues, nous devons être un peu sadomasochistes, me confie-t-elle. J’ai l’impression de replonger constamment mes clients dans leurs tourments.»
Effectivement, notre travail implique en partie de transpercer les défenses des clients et de les toucher au cœur de leur vulnérabilité. Lorsqu’un client parvient à se libérer de certaines émotions devant nous, plutôt que d’être déstabilisés par leurs larmes, nous nous en réjouissons. Cela représente pour nous une réussite, car nous savons que nous avons créé un climat de confiance et de sécurité. Nous avons réussi à leur offrir un espace où ils peuvent se connecter à des émotions souvent ignorées. Cependant, plutôt que de me considérer comme une sadomasochiste, je préfère me considérer comme une archéologue de l’esprit. En effet, je m’anime à l’idée d’aller au fond des choses et de déterrer l’histoire de mes clients, de tasser les débris, de comprendre l’ensemble de leur réalité et de les aider à reconstituer une structure entière et authentique de leur être, en solidifiant la base au besoin.
Un passage obligé
Pour progresser, il est nécessaire de faire face à notre souffrance, de l’accueillir et de la vivre en toute authenticité, sans les masques protecteurs que nous portons et les murs de défense que nous érigeons au quotidien. Cela est inconfortable, voire douloureux sur le moment, mais libérateur par la suite. Le lourd fardeau devient plus léger. C’est la première étape du processus de guérison: reconnaître et accepter nos blessures afin de pouvoir y travailler et nous reconstruire.