En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois
L’homéostasie
L’homéostasie fait référence aux processus automatiques du corps qui contribuent à préserver un certain équilibre physiologique. Cherchant toujours à atteindre un meilleur équilibre, les fonctions de notre corps sont dynamiques et se réajustent constamment (par exemple, le rythme cardiaque, la pression sanguine, la température corporelle, le sommeil, la digestion). Lorsqu’une fonction de l’organisme est trop déstabilisée, les procédés d’homéostasie pousseront le corps à chercher naturellement à compenser pour revenir à un équilibre confortable et fonctionnel. C’est comme une force gravitationnelle qui nous attire inconsciemment vers le centre de notre piste.
La respiration est un bon exemple du dynamisme de l’équilibre. Si nous ne faisions qu’inspirer, nous nous retrouverions rapidement en état d’hyperventilation. Et si nous ne faisions qu’expirer, nous subirions les conséquences d’une désaturation rapide du taux d’oxygène dans le sang. L’équilibre s’installe dans la juste proportion entre nos inspirations et nos expirations. Les procédés homéostatiques du corps s’organisent afin que nous inspirions et que nous expirions dans une proportion relativement équitable, et ce, sans avoir à y penser consciemment. Ainsi, si un besoin se manifeste en vous, il y a une raison!
Évitons d’ignorer nos besoins
Grâce aux principes d’homéostasie et de résilience, nous possédons tous une fenêtre de tolérance au stress qui nous permet de bien gérer un certain niveau de déstabilisation et de rebondir efficacement, sans en être trop affectés. Au fil de ce livre, nous avons abordé à plusieurs reprises les conséquences négatives qui surviennent lorsque nous tentons de résister aux besoins fluctuants de notre corps. Il nous arrive malgré tout, pour une multitude de raisons, d’entrer dans une lutte contre notre corps. Parfois, notre tête insiste pour que nous finissions une tâche malgré un besoin manifeste de repos. Il nous arrive de nous critiquer («Je ne devrais pas me sentir comme ça!») ou de nous comparer à d’autres gens. Nous perdons donc facilement de vue les indicateurs qui pourraient autrement nous guider.
Nous résistons alors à combler nos besoins et nous repoussons exagérément nos limites. Nous ignorons les signaux physiques et psychologiques qui nous informent d’un déséquilibre. Le prix à payer est non négligeable. Cette résistance provoque typiquement une amplification du retour du balancier, ce qui affecte négativement notre niveau de fonctionnement. C’est en partie ce qui se produit lorsque nous vivons un épuisement chronique (burnout professionnel, parental, étudiant, émotionnel, etc.).
Les gens ayant vécu un burnout relatent que les signaux de déséquilibre avaient commencé à faire surface plusieurs mois avant l’épuisement, voire des années. Le corps tente tant bien que mal de s’adapter et de persévérer. Les signaux se multiplient et l’épuisement s’amplifie jusqu’à ce que nous nous heurtions à un mur: à un certain moment, le corps décide, pour nous, qu’il est temps d’arrêter et de revenir à la base. Souvenons-nous que se rétablir réellement d’un tel épuisement est alors très long; la période de rétablissement se compte généralement en mois, parfois en années.
Au risque de me répéter, je vous invite donc à considérer votre corps comme un précieux allié plutôt que comme un ennemi qui vous limite dans vos ambitions. Familiarisez-vous avec sa façon de vous communiquer ces signaux de bien-être et de déséquilibre. Travaillez de pair avec lui pour optimiser l’équilibre. Ensemble, vous jouirez de descentes considérablement plus douces, agréables et harmonieuses sur les pentes de la vie.
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