En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois

Et si des enjeux profonds se cachaient derrière votre motif initial de consultation?

On peut également penser à la «thérapie d’acceptation et d’engagement», qui a été créée pour nous aider à développer une plus grande flexibilité psychologique. Par l’entremise d’exercices expérientiels concrets, la thérapie d’acceptation et d’engagement nous apprend à nous observer en pleine conscience. Elle nous aide à prendre un recul bienveillant relativement à nos pensées, à nos réactions et à nos décisions. Elle nous oriente également vers des actions qui concordent avec nos valeurs, dans le but de progresser vers une vie gratifiante et riche de sens.

La «thérapie fondée sur la compassion» et «l’autocompassion en pleine conscience» sont deux types de thérapie qui aspirent à entraîner une attitude bienveillante et indulgente, autant envers nous qu’à l’égard des autres. Elles nous aident à nous relier à une humanité commune dans laquelle la souffrance, les épreuves et l’imperfection sont inhérentes à la vie. Elles nous incitent à nous ouvrir à ces expériences avec une lucidité aimante et teintée de tendresse.

Bien d’autres approches et interventions favorisent la connexion à soi, l’apaisement du système nerveux et la progression vers des objectifs de mieux-être. Les approches psychocorporelles, le biofeedback et l’hypnose clinique en sont quelques exemples.

Ainsi, bien que formés pour traiter des pathologies, les psychologues et les autres intervenants en santé mentale ont aussi pour rôle d’améliorer la

qualité de la vie des individus 126.

 

Et si des enjeux profonds se cachaient derrière votre motif initial de consultation?

Autre chose à retenir si vous vous apprêtez à suivre une thérapie: il faut savoir que ce qui motive une demande initiale peut dissimuler des enjeux plus profonds reliés à une souffrance incrustée depuis longtemps.

Je me souviens qu’au cours des rencontres avec Jeanne, j’avais identifié

la présence d’un schéma d’abandon127 chez elle. Cette hypersensibilité à l’abandon se rattachait à des expériences douloureuses d’instabilité et d’insécurité dans sa relation avec sa mère. Sa rupture amoureuse était venue réactiver ses blessures du passé et faisait ressortir le lien d’attachement insécurisé qui s’était forgé entre elle et ses parents. Par ailleurs, la rupture ne se limitait pas au deuil de la présence de son partenaire dans sa vie. Elle englobait le deuil d’une relation idéalisée, de projets de vie communs, de leur demeure et de tout ce qu’elle avait construit avec son conjoint pendant plusieurs années. Le futur lui paraissait un néant sans bornes. Réapprendre à vivre sans l’autre lui apparaissait inconcevable. Pourrait-elle croire à nouveau en l’amour? À première vue, elle consultait pour une rupture. En progressant, la thérapie a pris tout son sens, un sens bien plus profond que Jeanne n’aurait pu l’anticiper.