En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois

L’exposition cognitive

Une fois que nous avons compris que cette forme de panique germe dans notre esprit, il devient intéressant d’explorer ce qui, précisément, se trouve à la source de la peur. Posez-vous ces questions:

 

• Quelle serait la pire issue de ce scénario catastrophique?

• Qu’est-ce que cela représenterait pour moi?

• Qu’est-ce que cela révélerait à propos de moi?

 

L’exposition cognitive

Une grande part de notre anxiété se joue entre nos deux oreilles. Plusieurs peurs découlent de constructions mentales qui s’emportent dans une direction qui est tout sauf rassurante. Autant nous pouvons nous sentir prisonniers des tornades de notre esprit, autant nous pouvons apprendre à les maîtriser. Une technique que nous utilisons en thérapie, dans les cas d’anxiété, se nomme exposition cognitive. Je vous présente les grandes lignes de cette intervention afin que vous compreniez comment notre esprit peut rester coincé dans une spirale de peur, puis comment il peut tout autant se libérer en se désensibilisant de ses craintes.

L’exposition cognitive consiste à écrire le narratif d’un scénario catastrophique appréhendé qui nous préoccupe et qui alimente notre

anxiété. Le but est d’aller au plus profond de la peur 63. Demandez-vous:

 

• Dans l’éventualité d’un accident ou d’une catastrophe redoutée, quel

serait le plus effrayant des scénarios?

• Quelles répercussions cela aurait-il sur ma vie?

• Comment un tel événement perturberait-il la vie des gens que j’aime?

 

Bien qu’elle donne, à première vue, l’impression de tourner le couteau dans la plaie, cette stratégie permet d’identifier les réels enjeux qui sous-tendent l’anxiété. Est-ce un sentiment d’impuissance? De vulnérabilité? D’abandon? De solitude? De souffrance?

J’ai utilisé cette technique auprès de plusieurs clients qui craignaient de «développer» un cancer. Ils devenaient obsédés par le moindre symptôme physiologique inhabituel. Paradoxalement, ce n’était pas le cancer qu’ils redoutaient, pas même de mourir. Il y avait des enjeux bien plus souffrants pour eux, comme: la crainte de devenir un fardeau pour leurs proches, le sentiment d’être délaissés, l’impression de ne plus rien «valoir» dans la vie, la présence de douleurs insupportables, l’impossibilité de réaliser leurs rêves, etc.

Une fois le scénario catastrophique rédigé, on peut enregistrer le scénario pour l’écouter à répétition, ou le lire en boucle, et ce, plusieurs fois au cours de la semaine. On doit se représenter la scène tout en laissant place aux émotions qu’on ressent. À la longue, ceci produit le même effet de désensibilisation que lorsqu’on regarde un film d’horreur à répétition: la première fois, nous sommes au bout de notre siège, envahis par la peur, les frissons et la détresse. Notre expérience se retrouve enchevêtrée avec celle des personnages. Leurs réactions deviennent les nôtres. Notre système nerveux réagit au danger auquel ils sont exposés, bien que ce danger soit en réalité fictif. La nuit qui suit sera potentiellement parsemée de cauchemars similaires.

Toutefois, plus nous revoyons le film, moins nous réagissons physiologiquement aux déclencheurs. Moins nous redoutons les passages effrayants. Au fil des répétitions, l’histoire nous apparaît peu réaliste, possiblement ridicule par moments. Un recadrage inconscient s’effectue qui nous permet de distinguer la réalité de l’imaginaire. La probabilité que le scénario d’épouvante se concrétise dans la vraie vie nous semble moins prononcée qu’avant. De même, avec le scénario catastrophique enregistré ou lu à plusieurs reprises, notre esprit comprend finalement que cette histoire est un extrait d’un film d’horreur conçu par notre imagination fertile et que dans les trois prochaines secondes… minutes… dans les prochains jours ou mois… notre vie n’est pas réellement en danger.

Nous prenons aussi conscience que nous avions fort probablement sous-estimé nos ressources, notre réseau de soutien et notre résilience, qui émergeraient si jamais une part de notre scénario se convertissait en réalité. Ainsi, pour le reste…

On verra.

D’ici là,

Reviens ici.

 

OceanofPDF.com