En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois
Vous permettez-vous de rêver?
Carole, mère de deux enfants, me paraît éteinte. Elle semble résignée, écrasée sous le fardeau des responsabilités inhérentes à la vie d’adulte et de parent. Elle me raconte son quotidien avec peu d’entrain. Elle est épuisée. Outre quelques bons moments passés en famille, rien ne semble plus l’allumer. Tout au bas de la liste de ses sources de bonheur, on retrouve son emploi qu’elle déteste souverainement.
À l’adolescence et au début de l’âge adulte, Carole était spontanée et dynamique. Elle était une artiste dans l’âme. Elle aimait peindre, danser, rire avec ses amis et s’évader lors d’escapades imprévues pour découvrir de nouveaux endroits. Ses parents étaient deux cols blancs occupant des postes de fonctionnaires, ce qui assurait une stabilité à toute la famille. À la maison, on n’avait jamais parlé spécifiquement de l’éducation des enfants, lesquels avaient pour seul devoir de «choisir des métiers qui mettraient toujours du pain sur la table». Pour calmer l’insistance de ses parents, Carole a choisi de poursuivre ses études universitaires en comptabilité, ce qui lui promettait une carrière et un bon revenu.
Au cours de ses études, elle tombe amoureuse d’un étudiant. Elle devient enceinte de leur premier enfant quelques années après l’obtention de son diplôme, puis d’un deuxième un peu plus tard. Au cours de cette période de sa vie, mis à part ses congés de maternité, elle occupe un emploi stable de fonctionnaire. Elle se retrouve rapidement coincée dans le carcan prévisible du 9 à 5 du lundi au vendredi. Elle se sent limitée dans ses semaines de vacances et, chaque soir, elle se retrouve emprisonnée dans la routine souper-bain-dodo à laquelle s’ajoute, avec les années, le fardeau des devoirs! Bien qu’elle adore ses enfants, ses journées se répètent, toujours semblables à la veille, et sa vie lui semble bien terne. Du moins, c’est comme ça qu’elle le perçoit.