En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois
Une habileté qui s’apprivoise
Dans un contexte social, le niveau d’investissement d’une personne modulerait le degré de cohésion, d’engagement et le sentiment d’appartenance à un groupe. Prenons en exemple les rites d’initiation: avez-vous le souvenir d’initiations colorées, voire gênantes, quand vous avez joint une équipe sportive, un groupe social ou commencé des études universitaires? Il semblerait que plus les épreuves sont intenses, longues, voire souffrantes, plus une personne sera portée à rester engagée dans le groupe, coûte que coûte. Après avoir autant donné de soi, pourquoi renoncer? Il faut bien justifier cette torture et se convaincre que ça en a valu la peine! De surcroît, notre société valorise la persévérance et l’engagement. Le résultat est tel que nous cherchons à éviter à tout prix ce qui pourrait être jugé comme un échec. Nous craignons de paraître inadéquats ou paresseux. (Quelques jours avant les festivités sanglantes en l’honneur de mon père, j’avais servi le même gâteau – aux étages aussi décalés – à l’anniversaire de mon conjoint. J’avais présenté le gâteau tel quel. En étant témoin de l’acharnement de mon père ce soir-là, j’ai pensé: «Il a une patience et un souci du détail admirable! Il a dû me trouver bâcleuse de servir mon gâteau dans sa forme décalée!» J’ai vite ressaisi cette pensée pour la reformuler de sorte à me rappeler que, dans cette même situation, mon père avait démontré son admirable persévérance, alors que moi, j’avais excellé, à ce moment, dans l’art d’accepter et de laisser les choses être telles qu’elles sont!)
Une habileté qui s’apprivoise
Apprivoiser le lâcher-prise est un processus. Le lâcher-prise n’est certes pas une technique, une mécanique, et il n’existe malheureusement pas de manuel qui décrit «comment faire». C’est un concept plutôt flou, qu’on apprend à l’école de la vie. On apprivoise cette habileté après avoir savouré ses bienfaits à quelques reprises: lorsque nous choisissons de ne plus vivre dans un combat incessant contre la vie, dans l’acharnement, dans la résistance à ce qui se passe, à subir la déception d’attentes non comblées. Dans ces circonstances, nous nous épargnons de l’énergie et de la souffrance, et nous y prenons goût.