En attendant le psy: prendre sa santé psychologique en main un défi à la fois

La modération rigide ou la modération souple

La modération rigide ou la modération souple Il est très facile de s’enliser dans la rigidité avec le concept de la modération: ce qui devrait être une ligne directrice devient alors une règle de conduite inflexible. J’observe d’ailleurs ce phénomène chez certains de mes clients, qui, dans la pression qu’ils s’imposent pour suivre leurs propres standards de fonctionnement ou de performance, perdent leur capacité à être flexibles, indulgents, ouverts à l’expérience et en harmonie avec leurs besoins réels.

Tandis que nous croyons progresser vers une vie vertueuse, noble et désirée, cette modération excessive ne sert qu’à alimenter le stress, la pression et les remords. Nous devenons intolérants aux situations qui dérogent de nos standards. Nous nous sentons coupables dès que nous enfreignons une règle et lorsque nous nous écartons de ce que nous considérons comme l’attitude idéale.

J’ai bien aimé l’enseignement nuancé de nos formateurs au cours de cette discussion de groupe. Ils soulignaient l’importance d’être modéré dans la modération. Autrement dit, il faut aussi prendre la modération avec modération. Et si se permettre des écarts, par moments, s’inscrivait dans un équilibre sain? Et si ces écarts servaient à soutenir la motivation à vivre dans la modération? À titre d’exemple, j’ai toujours remarqué qu’après un temps des fêtes débordant de repas lourds et copieux, j’ai drôlement spontanément envie de manger plus frais et léger. Les périodes d’excès servent, d’une part, à nous rassasier et à satisfaire notre besoin de liberté, de plaisir et de lâcher-prise. D’autre part, elles ont pour effet de nous rappeler les conséquences désagréables des excès et d’ainsi renouveler notre motivation à vivre sainement.

Que remarquez-vous lorsque vous allez au lit trop tardivement un soir? Lorsque vous consommez quelques verres en trop pendant une soirée entre amis? Lorsque les heures accumulées de travail empiètent sur votre temps libre au cours d’une semaine surchargée? Avez-vous très envie de recommencer cette expérience de sitôt? La plupart des gens tendent à revenir vers un certain équilibre à la suite de tels excès, ils y retrouvent la sécurité de leur routine. Si, toutefois, vous voyez que vous êtes porté aux excès perpétuels et que ceux-ci ont des conséquences négatives sur votre vie, il est possible que vous soyez aux prises avec des problématiques d’impulsivité ou de dépendance. Dans ce cas, une autothérapie risque d’être insuffisante et l’aide d’un intervenant sera de mise.