Œuvres (Pléiade), tome I
Au soleil
Oh !… dans le pli de vie et de fraîcheur de chair qui la
saisit, elle désire,
attend, espère, crée
Une bouche venue des ténèbres
Forte et tendre sur elle…
AU SOLEIL
AU soleil sur mon lit après l’eau
Au soleil et au reflet énorme du soleil sur la mer, Sous ma fenêtre
Et aux reflets et aux reflets des reflets
Du soleil et des soleils sur la mer
Dans les glaces,
Après le bain, le café, les idées,
Nu au soleil sur mon lit tout illuminé
Nu, seul, fou,
Moi !
A LA VIE
AMÈRE comme tu sais l’être — ô Vie
Amère et douce comme tu sais l’être !
Amère et douce et lourde comme tu sais l’être, ô Vie Amère et douce et lourde et leste et longue et brève comme tu sais l’être, ô
Vie.
Comme il n’y a que les larmes qui
Sachent juger, équivaloir, payer tels instants beaux, Il n’y a qu’un rire qui puisse à tes maux bien répondre.
FINAL