Œuvres (Pléiade), tome I

Paul Valéry · Chapitre 101 sur 203

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Œuvres (Pléiade), tome I

Au soleil

Oh !… dans le pli de vie et de fraîcheur de chair qui la

saisit, elle désire,

attend, espère, crée

Une bouche venue des ténèbres

Forte et tendre sur elle…

 

AU SOLEIL

 

AU soleil sur mon lit après l’eau

Au soleil et au reflet énorme du soleil sur la mer, Sous ma fenêtre

Et aux reflets et aux reflets des reflets

Du soleil et des soleils sur la mer

Dans les glaces,

Après le bain, le café, les idées,

Nu au soleil sur mon lit tout illuminé

Nu, seul, fou,

Moi !

 

A LA VIE

 

AMÈRE comme tu sais l’être — ô Vie

Amère et douce comme tu sais l’être !

Amère et douce et lourde comme tu sais l’être, ô Vie Amère et douce et lourde et leste et longue et brève comme tu sais l’être, ô

Vie.

Comme il n’y a que les larmes qui

Sachent juger, équivaloir, payer tels instants beaux, Il n’y a qu’un rire qui puisse à tes maux bien répondre.

 

FINAL