Œuvres (Pléiade), tome I
Intérieur
IL fait affreux. Pluie et vent mêlés.
Mais je suis en deçà du verre qu’ils insultent, au milieu de murs, au sec et au tiède. Mon regard prend et laisse la tempête, se fixe sur un point d’esprit qu’il fait parler en moi, pendant un instant ; revient au ciel embrouillé. Que de choses et de travaux ont enfin permis que la pensée puisse à l’abri, durer, s’assouplir, se perdre, se retrouver et se prolonger, — prendre puissance, n’être pas une échappée entre deux soucis de mon corps !
MAGIE
« Fermez les yeux, dit l’homme. Bien. Imaginez Irma. Fortement, nettement. Vous la voyez ? Bien. A présent, ouvrez-les ! »
Irma était devant lui.
(Rideau)
RÊVE
Une femme avec moi dans une campagne claire. Nous voyons une construction abandonnée, claire. De l’eau coule vers la porte béante ; sur un palier carré, eau claire qui, à peine le seuil franchi, coule sur les marches, les couvre et s’enfonce. La femme m’entraîne. Nous marchons dans l’eau assez haute et descendons. La descente d’eau nous mène à une porte où nous retrouvons le jour, et sur un lac immense où l’eau se jette. Le lac est clair, d’une transparence admirable, très profond. Nous nageons dans le plein de l’eau claire et vert très clair et lumineux. Lumière blonde. On voit les corps des nageurs. J’ai une peur et un émerveillement de cette claire profondeur où les jambes sont d’une liberté et blancheur étonnantes. On voit au fond un pays vert lumineux, doré de soleil doux, un sable calme et blond.