Œuvres (Pléiade), tome I

Paul Valéry · Chapitre 80 sur 203

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Œuvres (Pléiade), tome I

Question de placement

 

Un jeune et fort homme considérait « sa vie » au jour. Il faisait bel et chaud. Toute sa vigueur au soleil l’envahissait. Il respirait de tout son cœur ; il ressentait la plénitude de sa force dans les masses de ses muscles et tout le ressort d’action caché dans la pose d’abandon de son repos. Il songeait, avec une gaieté légère, à sa puissance brutale, aux ressources de ses bras, de ses reins, de son regard et de son jugement rapides. Il avait du temps libre plein l’âme et le corps. Il considérait, souriant, sa vie, l’horizon, tout son possible, et tout son état du moment comme on regarde au soleil une bonne épée bien en main.

Que faire de tout ceci ?

 

PATHOS

 

I

A mes pieds est l’avenir de l’objet que je tiens et vais lâcher. Je vois à mes pieds les fragments du vase.

II

La vie se prépare continuellement ce qu’elle consume continuellement.

Elle consume des êtres dans l’ensemble, et de l’être dans le détail.

La vie consume de l’être.

III

On peut écouter sans entendre.