Œuvres (Pléiade), tome I
Valvins
Si tu veux dénouer la forêt qui t’aère
Heureuse, tu te fonds aux feuilles, si tu es
Dans la fluide yole à jamais littéraire,
Traînant quelques soleils ardemment situés
Aux blancheurs de son flanc que la Seine caresse Emue, ou pressentant l’après-midi chanté,
Selon que le grand bois trempe une longue tresse, Et mélange ta voile au meilleur de l’été.
Mais toujours près de toi que le silence livre
Aux cris multipliés de tout le brut azur,
L’ombre de quelque page éparse d’aucun livre
Tremble, reflet de voile vagabonde sur
La poudreuse peau de la rivière verte
Parmi le long regard de la Seine entr’ouverte.
ÉTÉ
à Francis Vielé-Griffin.
Eté, roche d’air pur, et toi, ardente ruche,
O mer ! Eparpillée en mille mouches sur
Les touffes d’une chair fraîche comme une cruche, Et jusque dans la bouche où bourdonne l’azur ;
Et toi, maison brûlante, Espace, cher Espace
Tranquille, où l’arbre fume et perd quelques oiseaux, Où crève infiniment la rumeur de la masse
De la mer, de la marche et des troupes des eaux,
Tonnes d’odeurs, grands ronds par les races heureuses Sur le golfe qui mange et qui monte au soleil,