Œuvres (Pléiade), tome I

Paul Valéry · Chapitre 15 sur 203

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Œuvres (Pléiade), tome I

Valvins

 

Si tu veux dénouer la forêt qui t’aère

Heureuse, tu te fonds aux feuilles, si tu es

Dans la fluide yole à jamais littéraire,

Traînant quelques soleils ardemment situés

Aux blancheurs de son flanc que la Seine caresse Emue, ou pressentant l’après-midi chanté,

Selon que le grand bois trempe une longue tresse, Et mélange ta voile au meilleur de l’été.

Mais toujours près de toi que le silence livre

Aux cris multipliés de tout le brut azur,

L’ombre de quelque page éparse d’aucun livre

Tremble, reflet de voile vagabonde sur

La poudreuse peau de la rivière verte

Parmi le long regard de la Seine entr’ouverte.

 

ÉTÉ

à Francis Vielé-Griffin.

Eté, roche d’air pur, et toi, ardente ruche,

O mer ! Eparpillée en mille mouches sur

Les touffes d’une chair fraîche comme une cruche, Et jusque dans la bouche où bourdonne l’azur ;

Et toi, maison brûlante, Espace, cher Espace

Tranquille, où l’arbre fume et perd quelques oiseaux, Où crève infiniment la rumeur de la masse

De la mer, de la marche et des troupes des eaux,

Tonnes d’odeurs, grands ronds par les races heureuses Sur le golfe qui mange et qui monte au soleil,