Œuvres (Pléiade), tome I
Politique organo-psychique
C’est le silence…
Le silence a son rôle dans l’univers de l’ouïe. Il y a des heures, il y a des sites que marque leur silence.
L’oreille se tend, s’éveille de plus en plus dans ces vides.
La musique sait les placer.
Il y a d’autres silences. Il y a la fonction des silences dans l’univers d’une situation ; dans un colloque, où tout à coup, quelque réponse manque ; dans la naissance d’un amour ; dans la ruine d’un espoir…
IV
Tout se passe comme si la plupart de ce qui est n’existait pas. Définir quelqu’un par ce qui n’existe pas pour lui…
V
Les papillons de nuit — leur danse effrénée au-dessus de la coupe éblouissante.
Puis ils se jettent au feu comme avec désespoir, et il s’élève une poussière de cendre illuminée…
VI
Idées comme douleurs.
Nos idées nous sont propres et pourtant étrangères, comme nous sont propres et étrangères les douleurs qui nous viennent traverser.
VII
Un train à l’arrêt devant le disque, immobile, fumant et consumant sur place, rayonnant noirement, est image parfaite de l’attente.
POLITIQUE ORGANO-PSYCHIQUE