Œuvres (Pléiade), tome I
Univers
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L’animal compliqué. Il met l’amour sur un piédestal. La mort sur un autre. Sur le plus haut il met ce qu’il ne sait pas, et ne peut savoir, et qui n’a même point de sens.
C’est ajouter un monde à l’autre. Nous sommes par nature condamnés à vivre dans l’imaginaire et dans ce qui ne peut être complété. Et c’est vivre.
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Chacun, dans l’âme, possède ou ressent, certains petits points d’une sensibilité extrême et invincible — qui sont, pour chacun, particuliers, différents — cachés soigneusement, craints superstitieusement, et cette crainte obéie religieusement. Ils constituent, à côté des points sensibles communs, le système des « faibles » d’un individu. Parfois coïncident avec ceux-ci. Changent d’ailleurs parfois avec le temps, l’âge, les conditions de santé ou d’états.
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Un homme avait le numéro de loterie 60015. Le 60016 sortit. Cet homme crut avoir été près de gagner.
Tout le monde en toute occasion pense de même. J’ai failli tomber, mourir, faire fortune. L’histoire est pleine de ces raisonnements.
Ces proximités sont imaginaires.
Il n’y a de degrés que dans le SI…
UNIVERS
… ON parlait d’univers. On en calculait le rayon, l’élargissement… Je demandai ce qu’on entendait par ce mot. Je n’obtins rien de bon. L’un me dit : c’est une sphère en dehors de laquelle il n’y a rien… Je lui dis :
— Mettez-vous la douleur dans l’univers ?