Œuvres (Pléiade), tome I
César
Laisse, longue, l’écho rendormir la diane,
O toujours plus égale à la molle liane
Qui se balance et bat tes yeux ensevelis.
Si proche de ta joue et si lente la rose
Ne va pas dissiper ce délice de plis
Secrètement sensible au rayon qui s’y pose.
CÉSAR
César, calme César, le pied sur toute chose,
Les poings durs dans la barbe, et l’œil sombre peuplé D’aigles et des combats du couchant contemplé, Ton cœur s’enfle, et se sent toute-puissante Cause.
Le lac en vain palpite et lèche son lit rose ;
En vain d’or précieux brille le jeune blé ;
Tu durcis dans les nœuds de ton corps rassemblé L’ordre, qui doit enfin fendre ta bouche close.
L’ample monde, au delà de l’immense horizon, L’Empire attend l’éclair, le décret, le tison
Qui changeront le soir en furieuse aurore.
Heureux là-bas sur l’onde, et bercé du hasard,
Un pêcheur indolent qui flotte et chante, ignore Quelle foudre s’amasse au centre de César.
LE BOIS AMICAL
Nous avons pensé des choses pures Côte à côte, le long des chemins,