Œuvres (Pléiade), tome I

Paul Valéry · Chapitre 90 sur 203

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Œuvres (Pléiade), tome I

Humanités

 

I

LE plus grand poète possible — c’est le système nerveux.

L’inventeur du tout — mais plutôt le seul poète.

II

Plus d’un professe en ce qui concerne l’Homme, que ce qui est le plus bas est aussi ce qui est le plus vrai. Mais ce jugement (qui a sa valeur) est à ressort, et qui l’inflige, le subit ; qui le donne, le reçoit.

Nous ne pouvons donner au cœur d’autrui que ce qui se dessine dans le nôtre.

II

La vulgarité des gens reparaît aux points insignifiants de leur existence.

Celle des écrivains, aux endroits sans « effets » de leurs ouvrages.

IV

Les hommes s’unifient dans la douleur, dans le rire, dans le bâillement, dans l’émotion, dans le suspens mystique, dans la jouissance — et deviennent indiscernables.

Mais en quoi se distinguent-ils ?

V

Et eritis sicut Dii. — L’homme ne peut raisonnablement espérer qu’une chose : la découverte de moyens d’action sur son milieu et sur son être qui le transformeront lui-même et sa vie en dominateur de ses maux, et en créateur de jouissances et de joies…

— Il a appris à se chauffer.