Œuvres (Pléiade), tome I

Paul Valéry · Chapitre 109 sur 203

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Œuvres (Pléiade), tome I

L’épreuve

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Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’Opinion.

 

L’ÉPREUVE

 

UN jour, l’idée me vint d’un moyen simple et immédiat pour reconnaître si une personne donnée est douée de quelque « esprit mathématique ».

Le résultat s’obtient en sept ou huit secondes, dont six pour la question, que voici :

« Si Pierre ressemble à Paul, et si Paul ressemble à Jacques, Pierre ressemble-t-il à Jacques ? »

Que si le sujet fait mine de réfléchir, l’épreuve est défavorable. Mais s’il dit : « Oui », dans l’instant même, et comme sans y penser, cette promptitude et cet absolu dans la réponse le « qualifient » pour la science des formes pures.

Le malheur a voulu que j’aie songé à éprouver mon épreuve, et qu’ayant rencontré l’un des plus éminents géomètres de ce temps, je lui aie posé la question. Il s’est mis à réfléchir longuement…

 

HUMANITÉS

 

LES vilaines pensées viennent du cœur.

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Combien peu sont capables de tirer au jour leurs antipathies, de les voir crever au soleil spirituel, dégonflées, misérablement impuissantes comme des pieuvres sur le sable. Mais elles reprennent des forces de rage à la moindre distraction de l’observateur.

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