Œuvres (Pléiade), tome I
La caresse
A qui pèse même le nid
Où l’œil perdu se réfugie !
Tout l’hiver, le regard oiseux,
Trahi par la vitre bossue,
Sur la touffe où furent les œufs
Compose un songe sans issue !
Mais — ô Tristesse de saison,
Qui te consumes en toi-même,
Tu ne peux pas que ma raison
N’espère en le Hêtre Suprême !
Tant de Grâce et de Vénusté !
Se peut-il que toute elle meure,
France, où le moindre nid resté
Balance une fière demeure ?
Mille oiseaux chanteront plus d’un
Souvenir d’atroce tangage,
Quand reverdira par Verdun
Sauvé, notre illustre Langage !
LA CARESSE
MES chaudes mains, baigne-les
Dans les tiennes… Rien ne calme
Comme d’amour ondulés
Les passages d’une palme.
Tout familiers qu’ils me sont,
Tes anneaux à longues pierres
Se fondent dans le frisson
Qui fait clore les paupières Et le mal s’étale, tant,