Œuvres (Pléiade), tome I

Paul Valéry · Chapitre 68 sur 203

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Œuvres (Pléiade), tome I

Croquis

*

SUR UN ÉVENTAIL

TANTOT caprice et parfois indolence

L’ample éventail entre l’âme et l’ami

Vient dissiper ce qu’on dit à demi

Au vent léger qui le rend au silence.

*

A JUAN RAMON JIMENEZ

que me envió tan preciosas rosas…

… VOICI la porte refermée

Prison des roses de quelqu’un ?…

La surprise avec le parfum

Me font une chambre charmée…

Seul et non seul, entre ces murs,

Dans l’air les présents les plus purs

Font douceur et gloire muette…

T’y respire un autre poète.

Madrid,

Miercoles 21 de Mayo 1924

*

 

CROQUIS

 

L’oiseau frémit, bondit, abandonne instantanément sa présence sur une branche et l’emporte. Il ravit avec soi un centre du « monde », et le vole poser ailleurs. (Je ne sais s’il choisit ou non la branche d’arrivée.)