Le jeu des ombres

David Morrell · Chapitre 107 sur 148

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Le jeu des ombres

Chapitre 11

— La confrérie ? fit l’homme en fronçant les sourcils. C’est comme ça qu’ils s’appellent ? Non, je ne les connais pas. Mais ça m’intéresse rudement. En tout cas je sais une chose, fit-il en s’approchant, il y a une capsule de poison sous la pierre de la bague.

— Oui, la pierre, dit Drew. La confrérie de la pierre. Ils sont censés avaler le poison s’ils risquent d’être capturés et qu’on les oblige à révéler les secrets de leur ordre.

— Ordre ? fit l’étranger avec précipitation. Alors j’avais raison ? Ce sont des prêtres ?

Drew acquiesça. En repensant au poison, il s’accroupit près du Père Dusseault et prit la précaution d’ôter la bague à son doigt.

— J’espère que vous ne l’avez pas tué, fit l’étranger.

— J’ai tout fait pour l’éviter. Il va avoir un réveil douloureux.

— Du moment qu’il se réveille. J’ai des questions à lui poser. Cela dit, comme vous avez l’air au courant pour la confrérie, vous allez peut-être m’épargner cet effort. Vous ne portez pas une de leurs bagues. Quelque chose me dit que vous n’êtes pas prêtre non plus, pas plus que votre amie n’est religieuse.

— Je vous ai déjà vu, fit Drew.

11

Saul tressaillit.

— Hier. En Suisse, fit le prêtre. Au sommet du col d’Albis.

— Je l’ai franchi hier, exact. En direction de Zurich.

— Dans une Renault.

— Comment diable…

— Il y avait une femme dans la voiture derrière vous, poursuivit le prêtre. Une Golf.

— C’est ma femme. Mais comment avez-vous…

— Elle semblait si émue, si fatiguée et en même temps si décidée à se concentrer sur vous, qui conduisiez devant elle. Je ne saurais dire pourquoi, mais quand vous nous avez croisés, tous les deux, je me suis identifié à vous.